Du 13 au 17 avril 2026, l’Association des Étudiants Leaders pour la Non-Violence et la Paix (AELNVP), en partenariat avec le CNNVA et grâce au financement de Pax Christi France, a mené une campagne de sensibilisation ambitieuse à l’Université de Bangui. Objectif : ancrer une culture de paix et de non-violence chez les futurs leaders de la République centrafricaine. Retour sur une initiative porteuse d’espoir, où le dialogue, l’engagement étudiant et la détermination ont permis de toucher plus de 724 jeunes.
Construire la paix par l’éducation : une semaine d’action à Bangui
En République centrafricaine, où les cicatrices des conflits passés restent vivaces, l’Association des Étudiants Leaders pour la Non-Violence et la Paix (AELNVP) a pris l’initiative d’organiser une semaine de sensibilisation à l’Université de Bangui avec le soutien de Pax Christi France et du CNNVA (Comité National de Non-Violence Active), partenaire de Pax Christi International en Centre-Afrique et avec lequel il développe des projets depuis plusieurs années.
Un public stratégique : les étudiants, acteurs du changement
L’université, lieu de formation des futurs cadres de la nation, était le lieu idéal pour cette initiative. « Si les étudiants s’engagent à construire la non-violence, il sera plus facile de diffuser la paix dans l’ensemble de la société », a souligné Junior POUNOUNGUERE, président de l’AELNVP. Pendant cinq jours, les membres de l’association, accompagnés par le formateur du CNNVA, ont animé des séances interactives dans six facultés sur les neufs du pays.
Les thèmes abordés – la paix (intérieure et collective), les différentes formes de violence, et les alternatives non violentes aux conflits – ont suscité des échanges riches et engagés. Les étudiants, souvent confrontés aux tensions sociales, ont partagé leurs interrogations : « Comment ramener la paix à Bangui et dans les préfectures ? », « La violence peut-elle être justifiée ? », « Comment sensibiliser les populations illettrées ? ». Les réponses, toujours axées sur le dialogue et la tolérance, ont permis de renforcer la prise de conscience collective.



Une ambiance de fraternité et d’espoir
Chaque séance débutait par un moment de prière ou une salutation fraternelle, créant une atmosphère de confiance et d’ouverture. Les intervenants, dont le formateur du CNNVA, ont su capter l’attention des étudiants en misant sur l’interactivité : « Qu’est-ce que la non-violence pour vous ? », « La paix individuelle peut-elle devenir une paix communautaire ? ». Les réponses, parfois poétiques (« la paix, c’est le vivre-ensemble »), parfois pragmatiques (« c’est l’absence de guerre »), ont montré une adhesion forte aux valeurs promues.
Les slogans lancés en chœur – « Violence : carton rouge ! », « Tribalisme : carton rouge ! », « Corruption : carton rouge ! » – sont devenus le symbole de cette mobilisation. Les photos de famille prises à la fin de chaque séance, où étudiants et sensibilisateurs posaient ensemble, illustrent cette dynamique d’unité et de solidarité.

Bilan et perspectives : une réussite à consolider
Avec plus de 724 étudiants touchés, l’objectif de sensibiliser une grande partie des facultés prévues a été atteint. Les résultats sont encourageants :
- Une meilleure compréhension des enjeux de la paix et de la non-violence.
- Un engagement concret des étudiants, nombreux à exprimer leur volonté de devenir des « artisans de paix ».
- Une prise de conscience des conséquences néfastes de la violence sur les études et le développement du pays.
Cependant, des défis subsistent :
- Obstacles institutionnels : Certains enseignants ou autorités universitaires ont refusé l’accès aux salles, par méfiance ou manque d’information.
- Limites logistiques : Manque de moyens de transport pour atteindre des sites éloignés (comme l’ISDR de Mbaïki), ou absence de matériel (ordinateurs, bureau, supports de communication).
Les recommandations : élargir l’action
Les étudiants et les organisateurs ont formulé des pistes pour aller plus loin :
- Étendre la sensibilisation aux enseignants, aux leaders étudiants, et aux autres préfectures du pays.
- Renforcer les moyens de l’AELNVP (bureau, transport, outils numériques) pour pérenniser ces actions.
- Poursuivre le partenariat avec Pax Christi et le CNNVA pour mobiliser davantage de ressources et d’expertise.
« Restons unis pour faire face à la violence en République centrafricaine », concluent les organisateurs. Une invitation à poursuivre le combat, ensemble, pour un avenir plus pacifique.
Pour aller plus loin :
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Soutenez les projets de Pax Christi France en faveur de la paix et de la non-violence en Afrique
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Crédit photos : AELNVP / Université de Bangui









