En décembre 2025, Pax Christi France avait organisé grâce à Africa Reconciled, dans le cadre de son programme « Vacances Pacifiques », un camp de paix dans le camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda. Il avait pour objectif de renforcer les compétences des jeunes réfugiés en matière de résolution non violente des conflits, leadership transformationnel et entrepreneuriat pour la paix. Une initiative qui a marqué un tournant pour des dizaines de jeunes vivant dans un contexte de précarité et de tensions intercommunautaires. Cette formation ne s’est pas arrêtée là. Elle a trouvé une suite dans un projet concret : l’appui aux activités génératrices de revenus (AGR) portées par ces mêmes jeunes, pour renforcer leur autonomie économique tout en consolidant la cohésion sociale au sein du camp.
Un camp de paix qui a changé la donne
À l’issue de la formation du mois de décembre, les participants avaient conçu des projets collectifs dans le domaine de l’élevage. Pourquoi ce choix ? Parce que ces activités, accessibles et rentables, répondent à des besoins immédiats (alimentation, revenus) tout en favorisant la collaboration entre communautés. Comme l’explique le rapport de mission d’Africa Reconciled :
« Les jeunes ont démontré leur capacité à co-construire des initiatives concrètes, intégrant des approches inclusives pour renforcer le vivre-ensemble. »
Du concept à la réalité : 1 500 $ pour trois projets pilotes
En mai 2026, une mission d’appui a été déployée pour mettre en œuvre ces projets. Du 1er au 4 mai, une équipe d’Africa Reconciled s’est rendue à Nakivale pour :
- Évaluer l’avancement des groupes sur le terrain (visites à Nyakabanda, Juru et Base Camp).
- Remettre officiellement les fonds (500 $ par groupe, soit 1 500 $ au total) lors d’une cérémonie publique à la paroisse de Nakivale.
- Former un comité de suivi (6 membres) pour accompagner les jeunes dans la gestion de leurs activités.
Les trois projets financés avec l’état d’avancement en mai 2026:
- Groupe 1 Elevage de poules : Construction du poulailler en cours (financée par cotisations des membres)
- Groupe 2 Elevage de porcs : Début de la construction d’un bâtiment en briques locales
- Groupe 3 Elevage de lapins : Terrain sécurisé, travaux de construction à lancer
Un mécanisme solidaire a été mis en place : les premiers animaux (porcelets, poussins, lapereaux) seront redistribués aux membres du groupe pour qu’ils lancent leurs propres élevages, créant ainsi une chaîne de solidarité et assurant la pérennité du projet.



Bilan et des défis à relever
✅ 30 jeunes directement impliqués (10 par groupe), avec un impact indirect sur leurs familles et communautés.
✅ Renforcement de la cohésion sociale : les groupes mixtes (RDC, Burundi, Rwanda) travaillent ensemble, brisant les barrières intercommunautaires.
✅ Autonomisation économique : les premiers revenus générés (vente de viande, œufs, etc.) permettront aux jeunes de réinvestir dans leurs projets et d’améliorer leurs conditions de vie.
Défis identifiés
⚠ Manque de ressources matérielles (outils, infrastructures) ralentit la mise en œuvre.
⚠ Absence de factures formelles complique le suivi financier (les reçus sont rares dans le camp).
⚠ Inégalités entre groupes : certains (comme celui de Nyakabanda) sont plus avancés que d’autres.


Et demain ? Vers une mise à l’échelle du modèle
Pour pérenniser et amplifier l’impact de ce projet, plusieurs pistes sont envisagées :
🔹 Renforcer l’accompagnement technique : formations complémentaires en gestion et suivi régulier.
🔹 Étendre le projet à d’autres jeunes du camp et à d’autres sites en Ouganda.
🔹 Développer des partenariats avec des organisations locales et internationales pour accéder à plus de ressources et de marchés.
🔹 Documenter le modèle pour le reproduire ailleurs, combinant entrepreneuriat et consolidation de la paix.
Comme le souligne le rapport :
« Ce projet expérimente un modèle innovant : l’entrepreneuriat comme outil de réconciliation. Si les résultats sont concluants, il pourrait inspirer d’autres initiatives en Afrique de l’Est. »
Un cercle vertueux : paix, économie et solidarité
Le projet d’appui aux AGR à Nakivale illustre comment une formation en paix peut se transformer en action économique, et comment l’autonomisation des jeunes peut renforcer la cohésion sociale. En financant ces initiatives, Pax Christi France et Africa Reconciled montrent que la paix ne se construit pas seulement par des mots, mais aussi par des actes concrets – ici, l’élevage de porcs, de poules et de lapins.
Et si la clé du vivre-ensemble et de la paix passait par l’économie solidaire ?
A relire : Noël 2025 « Vacances pacifiques » en Ouganda









