Dès sa naissance, Jésus « nouveau-né couché dans sa mangeoire » (Luc 2, 16) vient à notre rencontre, désarmé. La troupe des anges qui louent Dieu en disant « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime » (Luc 2, 14) nous donne le sens de cet événement : la Paix. A l’approche de sa passion, le Christ nous dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Il prend soin d’ajouter : « Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». C’est une paix désarmante qui renonce à toute agressivité, violence, usage des armes. Non-violence évangélique.
Dans les deux situations de guerre les plus proches, l’Ukraine, Israël et Palestine (nous n’oublions pas tous les autres conflits inter ou intra étatiques), nous sommes obligés de constater que la paix du monde n’est pas vraiment la paix. Nous avons du mal de percevoir le renoncement aux attitudes hostiles, à la prédation, à l’usage des armes et la volonté de soulager la souffrance des peuples.
A Clausewitz qui affirme que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », Carl Schmitt répond d’une certaine manière que la politique prolonge la guerre. Dans cette spirale infernale, la paix obtenue par la force est une illusion, le conflit suivant est toujours en gestation. La volonté de conquête, la déshumanisation de l’autre… légitiment la violence.

D’autres voies existent : des sociétés politiques au service de la paix ont vu le jour au sortir de la seconde guerre mondiale : l’Union européenne, les Nations Unies qui ont vocation à rassembler tous les états autour d’un droit international universel qui culmine avec la Cour pénale internationale. On mesure ici la responsabilité des États, en particulier « les grandes puissances », qui s’emploient à renoncer au droit pour user de la force … ce qui nous ramène au modèle précédent !
Les deux modèles politiques que nous avons brièvement décrits sont la traduction sociale de notre intériorité. Nous sommes tous concernés. La peur qui nous habite, peur de celui qui ne nous ressemble pas, peur de manquer …, influe grandement sur nos comportements. Si elle n’est pas dépassée, elle nous amène au rejet de l’autre, à la domination structurelle, économique, armée. La vie de notre pays et du monde fourmille d’exemples.
La Paix que le Christ nous donne nous invite à une rupture. Elle peut mieux s’exprimer dans le second modèle politique. Le silence, l’écoute de la parole de Dieu, la prière nous permettent de pacifier nos cœurs en réduisant nos peurs. Il nous devient possible de reconnaître l’autre comme un frère en tant que créature de Dieu et de vivre la charité.
Quittons la vaine recherche d’une survie pour résister aux maux qui nous accableraient pour accueillir la vraie Vie que le Christ nous donne. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Comme les bergers allons raconter ce que nous avons vu et entendu et glorifions Dieu qui nous ouvre la voie de la paix.
Joyeux Noël à tous !!
HD









