Qui sont les ennemis de la paix ?

Mgr Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem était l’invité des évêques de France réunis en assemblée plénière début novembre à Lourdes. Avec le message du Cardinal Pizzaballa, qui a été entendu en visioconférence, puis l’intervention du nouveau directeur de l’œuvre d’Orient, le père Hugues de Woillemont et celle du Consul Général de France, son intervention et sa présence ont marqué les évêques de France. Comme l’avait souhaité Mgr Aveline, une attention particulière a été donnée à la Terre Sainte lors de cette assemblée plénière de novembre 2025 et qui a abouti en un engagement fort et renouvelé de la CEF pour la Terre Sainte. Retrouvez ici l’intégralité de l’Homélie de Mgr Shomali lors de la messe du 6 novembre, au cœur de la semaine de travail des évêques de France.

Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est proche, dit le Seigneur. Oui, je le guérirai. » (Is 57,19)

Frères et sœurs,

Ce cri du prophète Isaïe résonne aujourd’hui avec une urgence particulière. Il ne s’adresse pas seulement au peuple de l’Israël biblique, mais à tous les peuples du monde, proches ou lointains, qui souffrent des divisions, des violences, et des guerres. Le Seigneur voit leur douleur, et il promet la guérison. Mais cette guérison passe par une reconnaissance des obstacles à la paix, des ennemis intérieurs et extérieurs qui empêchent la réconciliation.

Quels sont ces ennemis de la paix ?

  • L’injustice, qui nie les droits des autres et crée des blessures profondes.
  • L’orgueil, qui empêche l’écoute et le dialogue.
  • L’égoïsme des décideurs, qui placent leurs intérêts au-dessus du bien commun.
  • La haine et le ressentiment, qui diabolisent l’autre et ferment le cœur.
  • L’indifférence à la souffrance des autres, qui nous rend aveugles à la douleur de nos frères.
  • Les préjugés, qui nourrissent la méfiance et divisent les communautés.
  • L’instrumentalisation de la religion, qui devrait être source de compassion, mais devient parfois une arme pour justifier l’injustifiable.
  • La manipulation de l’opinion publique par les médias, qui déforme la vérité et attise les conflits.

Tous ces maux ont besoin de guérison. Et celui qui guérit, c’est Jésus, le Prince de la paix.

Lors de sa naissance, les anges ont chanté : «Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

Il a béatifié les artisans de paix : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

Et après sa résurrection, il est apparu à ses disciples en leur disant : « La paix soit avec vous. »

La paix est donc un don, mais aussi une mission. Elle est un fruit de la prière, comme le dit le psaume: «Priez pour la paix de Jérusalem : que ceux qui t’aiment vivent tranquilles !» (122 : 6)

Si le Seigneur nous demande de prier pour la paix, c’est qu’elle est possible. Elle n’est pas une utopie, mais une promesse divine.

Ce soir, ici à la grotte de Lourdes, nous faisons exactement cela : nous prions pour la paix, par l’intercession de Marie, Reine de la paix. Elle qui a connu la douleur, la fuite, et la croix ; elle comprend les souffrances des peuples. Elle intercède pour nous, pour que la paix germe dans les cœurs, dans les familles, dans les nations.

Frères et sœurs, que cette prière ne reste pas seulement des mots. Que chacun de nous devienne un artisan de paix, là où il vit, là où il travaille, là où il souffre. Car la paix commence toujours par un cœur guéri.

Amen.

Les évêques vont créer une plateforme de coordination pour soutenir les chrétiens de Terre Sainte

Les travaux de l’assemblée plénière se sont achvés par une méditation spirituelle, avec Mgr William Shomali et Mgr Ihor Rantsya, évêque nommé de l’Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand de Paris des Ukrainiens byzantins.

Retrouvez le texte et la vidéo de l’intégralité de la méditation à deux voix.