Dans notre chemin vers «Une paix désarmée et désarmante», le dimanche du Gaudete qui est aussi le dimanche de la paix. Autrefois placé au mois de mai par décision des évêques de France, il fût déplacé au troisième dimanche de l’Avent pour préparer la journée mondiale de la paix du 1er janvier. la première Journée mondiale de la Paix fut instituée par le pape Paul VI le 1er janvier 1968.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres »
3ème dimanche : Désarmer les rancœurs, se munir de patience
Si le Seigneur revenait aujourd’hui, nous trouverait-il en train de bâtir des ponts ou de creuser des fossés ? La patience envers le prochain n’est pas un idéal lointain, mais une pratique quotidienne, un choix de désarmer nos cœurs pour accueillir la paix du Christ.
L’urgence d’être frère
La parole de saint Jacques résonne comme un appel pressant : « Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. » (Jc 5, 9). Le verbe grec stenazô, « gémir « , évoque une plainte qui vient du cœur, une exaspération qui empoisonne les relations. Jacques ne parle pas seulement de critiques ouvertes, mais aussi de ces murmures intérieurs, de ces jugements silencieux qui minent la communion fraternelle.
Pourquoi cette insistance ?
Parce que le croyant qui se laisse aller à la plainte ou à la rancœur se place lui-même en juge. Jésus l’a déjà enseigné : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés » (Mt 7,1). Chaque parole de mépris, chaque pensée amère est comme une graine que nous semons : elle portera son fruit au jour du jugement (cf. 2 Cor 5,10). Jacques nous rappelle que le Juge est « à notre porte », une image saisissante, presque effayante. La porte pourrait s’ouvrir à tout instant, et nous serions surpris en train de médire ou pire, de calomnier à propos de notre frère.
La patience, une arme de paix
Face à cette urgence, Jacques propose un antidote : « Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme » (Jc 5,8). La patience n’est pas une résignation passive, mais une force active, une persévérance qui imite celle des prophètes. Elle est le fruit de l’Esprit (Ga 5,22) et le signe d’une confiance inébranlable en la promesse de Dieu.
Comment désarmer les rancœurs ?
En choisissant la bienveillance La plainte est souvent le symptôme d’un cœur blessé ou frustré. Mais le croyant est appelé à transformer sa souffrance en intercession, comme Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur » (Lc 23,34).
En relativisant les conflits. « La venue du Seigneur est proche ». Cette espérance eschatologique nous invite à ne pas nous laisser enfermer dans nos querelles. Que pèsent nos peccadilles face à l’éternité ?
En imitant les prophètes. Jacques cite leur exemple. Ces hommes, persécutés et incompris, ont tenu bon par la foi. Leur patience n’était pas du stoïcisme, mais l’adhésion à la fidélité de Dieu.
Une espérance qui transforme
L’image du Juge « à notre porte » est à la fois un avertissement et une consolation. Un avertissement, car nous serons jugés « selon nos actes » (2 C 5,10). Mais aussi une consolation, car ce Juge est le même qui a pris sur lui nos fautes et nous offre sa miséricorde.
La patience et le refus de la plainte ne sont pas des vertus faciles, mais des chemins de liberté.
Elles nous préparent à la rencontre avec le Juge qui est avant tout notre Sauveur.
Pour aller plus loin, lire l’article : Peut-on réconcillier les ennemis ?

Par la délégation de Pax Christi Paris
Introduction : Prions pour que la joie et la paix de Dieu parviennent à tous.
En ce dimanche de la paix, donne-nous d’accueillir, malgré nos soucis et nos blessures, la joie et la paix que tu désires donner au monde en abondance. Qu’ainsi nous soyons capables de tenir nos cœurs fermes en attendant la venue du Sauveur.
En ce dimanche de la paix, nous te prions pour que ton Église devienne toujours plus témoin de la Bonne Nouvelle de salut et de délivrance que Jésus est venu porter sur la terre. Qu’ainsi chaque chrétien se sente messager de cette joie et apôtre de la paix.
En ce dimanche de la paix nous te prions pour les pays en guerre, et pour tous ceux qui subissent l’injustice, les catastrophes naturelles ou la maladie car ils attendent ton règne de justice et de paix. Que se lèvent des hommes et des femmes qui acceptent de travailler à l’avènement de ton royaume, dès maintenant.
Conclusion : Seigneur, écoute nos prières et daigne les exaucer, par Jésus-Christ ton fils, venu porter la paix et la joie au monde.
Ci-dessous le chant « La prière de François », d’après la prière (dite) de St François d’Assise.
Des propositions pour la troisième semaine de l’Avent
Le geste de paix de la semaine : S’EXERCER A LA PATIENCE
« Vous vous démontez si facilement, parce que vous n’adoucissez pas votre cœur d’avance. Quand vous êtes exaspérée contre quelqu’un, le moyen de retrouver la paix c’est de prier pour cette personne et demander à Dieu de la récompenser de vous faire souffrir. » disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à une novice qu’elle accompagnait.
Une attitude qui permet de voir les contrariétés, les colères ou les répulsions que les autres provoquent en nous, comme des occasions de nous sanctifier, de progresser dans l’amour. Une manière d’oublier la méchanceté des autres pour entrer dans la bienveillance. Mais reconnaître aussi que nous avons tous nos imperfections et que si les autres nous enervent, nous les enervons sûrement aussi en retour !!
Prière pour notre semaine: SEIGNEUR, SOUVIENS-TOI
Seigneur,
quand tu reviendras dans la gloire,
ne te souviens pas seulement des hommes de bonne volonté.
Souviens-toi également des hommes de mauvaise volonté.
Mais ne te souviens pas de leurs cruautés,
de leurs sévices, de leurs violences.
Souviens-toi des fruits que nous avons portés
à cause de ce qu’ils nous ont fait.
Souviens-toi de la patience des uns,
du courage des autres,
de la camaraderie, de l’humilité, de la grandeur d’âme,
de la fidélité qu’ils ont réveillée en nous.
Et fais, Seigneur,
que les fruits que nous avons portés
soient un jour leur rédemption.
Prière retrouvée par un soldat américain lors de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, sur un papier d’emballage, dans la poche du vêtement d’un juif victime des chambres à gaz.
La paix en action : UNE FORMATION à LA MéDIATION
Nous avons tous besoin de progresser dans nos capacités à dialoguer et à être artisans de paix. La bonne volonté n’est pas toujours suffisante et il est utile d’en apprendre plus sur les techniques de résolution pacifique des conflits…ce qui n’exclût pas la prière, mais la complète.
En paroisse ou en associations, pour ne pas être démunis et ne pas laisser certaines situations s’envenimer, nous pouvons collégialement décider de suivre une formation à la médiation ou faire appel à un médiateur.
Contactez-nous pour avoir accès à notre réseau de médiateurs : accueil@paxchristi.cef.fr
Retrouvez l’intégralité du parcours de l’Avent 2025, en commandant le Journal de la paix, ou en nous écrivant pour recevoir la version PDF : accueil@paxchristi.cef.fr









