Le 7 juillet 2017, les Nations Unies adoptaient le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Pour la première fois, un texte international interdisait explicitement les armes nucléaires, marquant une étape décisive dans la lutte pour leur élimination. Ouvert à la signature le 21 septembre 2017, il fallait qu’au moins 50 Etats signent ou ratifient ce traité pour qu’il rentre en vigueur. C’est à la date du 22 janvier 2021 que cette condition a été remplie.
Un traité historique pour un enjeu planétaire
Le TIAN célèbre donc son 5ᵉ anniversaire avec un bilan contrasté, mais porteur d’espoir. 99 États ont désormais signé ou ratifié le traité, dont des alliés de la France comme l’Indonésie et la Malaisie. Parmi eux, 74 États l’ont pleinement ratifié, tandis que 25 autres sont en cours de ratification. Une adhésion croissante qui témoigne d’une volonté internationale grandissante de bannir définitivement les armes nucléaires.
Dès son adoption, le TIAN s’est fixé des objectifs clairs et ambitieux :
- Interdire totalement les armes nucléaires, de leur développement à leur utilisation, leur possession et leur stockage.
- Promouvoir la paix et la sécurité internationales en éliminant progressivement ces armes de destruction massive.
- Soutenir les victimes des essais et des bombardements nucléaires, ainsi que la réhabilitation des zones contaminées.
En cinq ans, le TIAN a déjà marqué des points décisifs :
- Renforcement de la non-prolifération : Le traité a contribué à limiter la diffusion des armes nucléaires et à stigmatiser leur possession, même parmi les États non parties.
- Justice nucléaire : Pour la première fois, les victimes des essais nucléaires ont vu leur cause portée sur la scène internationale, avec des avancées législatives, comme la réforme en cours de la loi Morin en France.
- Désinvestissement financier : Sous la pression des campagnes associées au TIAN, des institutions financières ont commencé à retirer leurs investissements des entreprises liées à l’industrie nucléaire militaire.
Un impact symbolique fort, mais des défis persistants
Le TIAN est parvenu à rendre les armes nucléaires illégales au regard du droit international, à l’instar des armes chimiques ou biologiques. Cette avancée a placé les États dotés d’armes nucléaires en position d’accusés et a renforcé la pression diplomatique pour un désarmement effectif.
Pourtant, les défis restent immenses :
- L’absence des États nucléaires : Aucun des neuf États dotés (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord) n’a adhéré au traité. Leur refus limite considérablement l’impact concret du TIAN sur la réduction des arsenaux.
- La persistance de la dissuasion : Des pays comme la France continuent de moderniser leur arsenal, avec un budget de 53,7 milliards d’euros prévu pour 2024-2030, tout en refusant de participer au TIAN, même en tant qu’observateur.
- L’urgence humanitaire : Les victimes des essais nucléaires, en Polynésie française ou dans le Sahara algérien, attendent toujours justice.

Le 5ᵉ anniversaire : Un appel à redoubler d’efforts
À l’occasion de ce 5ᵉ anniversaire, l’ICAN France rappelle une vérité simple : les armes nucléaires ne garantissent pas la sécurité, elles la menacent. Vous pouvez retrouver son communiqué avec l’analyse et le calendrier des actions pour 2026 sur le site de l’ICAN et consulter le traité du TIAN ( en français de la page 36 à 44).
Le TIAN a déjà changé la donne, mais son succès final dépendra de la capacité de la communauté internationale à transformer les engagements symboliques en actions concrètes. Les rendez-vous de 2026 – la Conférence d’examen du TIAN, la XIᵉ Conférence du TNP, et les annonces attendues de la France sur sa doctrine nucléaire – seront déterminants.
L’enjeu est clair : faire du TIAN un outil efficace pour un désarmement total, et non pas seulement un traité symbolique. Car au-delà des mots, ce sont des vies humaines, la paix et l’avenir de la planète qui sont en jeu.







