4ème dimanche : Désarmer notre orgueil, Dieu est un Dieu désarmé

Nous poursuivons notre parcours de l’Avent, vers « Une paix désarmée et désarmante » avec le commentaire du Pasteur Titia Es-Sbanti inspiré de la première lecture de ce dimanche. Titia Es-Sbanti est pasteur de l’Eglise Protestante Unie de Nîmes où elle a la charge des groupes de jeunes. Elle est aussi responsable de l’aumônerie des hôpitaux de Nïmes.
Voici que la vierge est enceinte »
4ème dimanche : Désarmer notre orgueil car Dieu est un Dieu désarmé

La réponse de Dieu au péché de l’homme, à sa folie meurtrière et destructrice, ce n’est pas de le réduire à néant, mais de s’humilier dans la nature humaine elle-même en se faisant petit-enfant dans le sein de Marie. C’est venir dans l’extrême faiblesse pour désarmer les cœurs, c’est opposer la tendresse à la violence.

Un Dieu désarmé
Notre monde marche sur la tête….Un célèbre personnage de bande dessinée disait toujours « ils sont fous ces Romains ». Remplaçons Romains par humains car nous sommes devenus fous. Et cessons de vouloir expliquer le mal en opposant les bons et les méchants tout en se plaçant soi -même du bon côté. Nous sommes tous embarqués dans le même bateau (radeau ?) et partout sur la terre où le langage des armes, de la violence et de la domination l’emporte sur le désir de justice et de paix, c’est notre humanité commune qui régresse.
L’histoire du Déluge et de l’arche de Noé (Gn 6 à 9) – inspiré d’un mythe très ancien – est d’une redoutable actualité. Contrairement à ce qu’on pense généralement, la catastrophe n’est pas le déluge mais la violence démultipliée. Le récit s’ouvre sur un constat : il pleut des cordes d’injustice et de méchanceté sur la terre. N’en pouvant plus de ce chaos, Dieu décide d’en finir et de rayer l’humanité de la carte moyennant un vaste déluge. En hébreu, la langue de l’ancien testament, déluge se dit mabboul. Ce mot est passé de l’arabe au français dans l’expression familière que nous lui connaissons. Plusieurs choses me frappent dans ce récit :

La tristesse de Dieu
Le déluge de méchanceté humaine plonge le Seigneur dans une immense tristesse- au point qu’il en arrive à regretter d’avoir créé les humains. Voilà qui est troublant : Dieu pourrait-il revenir sur sa décision et changer d’avis ? Une vieille légende raconte que les larmes du ciel sont celles de Dieu lorsqu’il voit ce que les humains ont fait du monde. La réponse est dans notre camp : croyons-nous en un Dieu de la Nature qui menace qui il veut ou à un Dieu de la grâce qui pleure avec nous ?

Un Dieu d’amour fou
Dieu se souvient de Noé et va mettre fin à l’inondation. Il fait le choix d’être un Dieu d’amour fou qui offre le salut à tous : c’est la bonne nouvelle qu’il a déposé dans le monde en nous envoyant le Christ, venu pour aimer et non pour condamner. Il y a là une profonde parole d’espérance pour tous les humains qui dérivent dans leur existence sans savoir vers où ni vers qui tourner le regard. Ne faisons pas de son message d’Amour un appel manqué. La mémoire vive du Seigneur est celle qui veut sauvegarder sa création en dépit de nos destructions – de nos pillages et de nos incessantes infidélités. Notre Humanité ressemble à une Live Box dans laquelle nous flottons, secoués régulièrement par des vents contraires et des courants violents qui nous rappellent sans cesse combien nous sommes infiniment petits.

Le Dieu de l’Alliance
Le projet de salut de Dieu pour le monde consiste à renoncer au Mal ; à faire alliance avec toutes les créatures, animaux et plantes compris. Et il le fait sans demander aucune contrepartie. C’est un engagement unilatéral. C’est Lui qui promet de ne plus détruire la Terre, de ne plus lui faire de mal. L’alliance est la signature de Dieu. Il ne sera plus jamais source de mal, quel que soit le mal que puissent faire les humains.

Un Dieu de pardon
Pour signifier son alliance, Dieu choisit non pas la toute puissance mais le signe de l’ arc-en- ciel. Ce n’est pas une fragilité, c’est une proximité, un gage d’amour inconditionnel de la part d’un Dieu qui ne manque pas de souffle. Le symbole de l’arc en ciel n’est pas anodin car le terme hébreu désigne l’ arc, celui qu’on utilise pour chasser ou pour faire la guerre, l’arc meurtrier des guerriers et des puissants. Ici, Dieu dépose son arc qui est tourné non plus vers la terre, mais vers le ciel, comme quelqu’un qui déposerait ses armes. Et oui : nous voilà en présence d’un Dieu… désarmé ! Un Dieu qui a fait le choix de la toute -puissance d’amour, pétri de patience et de pardon – ce dont nous sommes incapables par nous-mêmes. L’arc-en-ciel signe le passage de la guerre à la paix, de la mort à la vie. Il ne vient pas supprimer les nuages sombres de nos existences, mais les traverse. Il est ce trait d’union reliant le ciel à la terre, nous encourageant à avancer toujours et encore dans les pas de son Fils, les yeux tournés vers Lui tout en gardant les pieds sur terre. « Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance.» (Dt 30 ; 19)

Par la délégation de Pax Christi Lyon
PU du quatrième dimanche de l'Avent

Quand l’homme fut assez mûr pour contempler le mystère de la vie, de la beauté, de l’immensité du ciel, de l’être nouveau-né, Jésus vint semer le nom du Père. Seigneur que ton nom soit sanctifié, que les humbles de la terre le proclament et le chantent !

Nombreux sont les catéchumènes qui frappent à la porte de nos églises. Certains ont besoin de repères ou de réconfort devant la folie du monde, la course aux armements, la soif de pouvoir. Seigneur que ton règne vienne, que ceux qui écoutent ta parole, éclairés par l’Esprit Saint, gardent notre humanité dans l’espérance d’une paix prochaine !

À la veille de Noël, nombreux sont les messages et les injonctions véhiculés par les publicités et les médias. Donne-nous Seigneur notre pain de ce jour. Que nous écoutions tes prophètes qui nous disent où se trouve la vraie nourriture et dénoncent les poisons qui blessent notre monde !

Jésus a choisi d’être le serviteur désarmé. Sur la croix, il rejoint l’humanité enfermée dans son orgueil et sa volonté de tout maîtriser. Et il l’a libérée. Seigneur pardonne-nous. Que tes disciples veillent à ce que la coopération et la sainte Alliance restent l’horizon de tout engagement !

Ci-dessous un chant de paix inspiré de sainte Thérèse d’Avila : « Confiance »

Acceder au jour de Noël
Des propositions pour la quatrième semaine de l’Avent
Le geste de paix de la semaine : BENIR SON PROCHAIN

Prendre la décision, pour les prochaines réunions familliales qui vont avoir lieu, de mettre en valeur les autres, de dire du bien des personnes absentes, et de choses aimables et valorisantes aux personnes présentes. Je réfléchis dès aujourd’hui aux belles choses que je vois dans la vie de ceux que je vais rencontrer et je prie pour eux et pour ces rencontres. Je demande à la Vierge Marie d’entrer la première dans la pièce où nous serons.

Prière pour notre semaine: VOICI LE TEMPS DU LONG DESIR

Voici le temps du long désir
Où l’homme apprend son indigence,
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres.

Pourquoi l’absence dans la nuit,
Le poids du doute et nos blessures,
Sinon pour mieux crier vers lui,
Pour mieux tenir dans l’espérance ?

Et si nos mains, pour t’appeler,
Sont trop fermées sur leurs richesses.
Seigneur Jésus, dépouille-les
Pour les ouvrir à ta rencontre.

L’amour en nous devancera
Le temps nouveau que cherche l’homme ;
Vainqueur du mal, tu nous diras :
Je suis présent dans votre attente.

CFC (S. Marie-Pierre)

La paix en action : rejoindre l’association des PETITS FRERES DES PAUVRES

Il est toujours possible,de rejoindre ponctuellement une équipe de bénévoles pour entourer des personnes seules à l’occasion de Noël. Vous pouvez, soit distribuer un colis gourmand à une personne qui vous sera désignée, ou participer à une fête de Noël dans un lieu où l’association accueille des personnes âgées.
Prenez contact avec les petits frères des pauvre dans votre paroisse ou sur leur site Petits Frères des Pauvres.