Comment le visage du Christ, contemplé à travers les Évangiles, peut-il devenir une source de paix pour le monde ? Lors de l’Université d’été chrétienne de Castanet, Bérengère Savelieff, chargée d’éducation à la paix, a proposé une réflexion en trois temps : contempler le visage du Christ, devenir son visage dans le monde, et en recueillir les fruits. Une invitation à voir, à agir, et à transformer la rencontre avec autrui en acte de paix et de miséricorde.
(vous pouvez retrouver l'intégralité de la conférence dans ce podcast)
Contempler le visage du Christ : un regard qui sauve
Pour Bérengère Savelieff, la paix ne se comprend pleinement qu’à travers le visage du Christ, dont les Évangiles révèlent les traits non par des descriptions physiques, mais par son regard. Ce regard, instrument de la grâce divine, se décline en sept dimensions clés :
- Un regard d’amour : En Marc 10,21, Jésus regarde l’homme riche et « l’aima ». Son regard révèle à l’autre sa valeur aux yeux de Dieu, l’invitant à grandir en liberté.
- Un regard de compassion : Face à la souffrance (la veuve de Naïn en Luc 6,13 ou la veuve miséreuse en Luc 21,1), Jésus agit avec une justice divine, attentive aux marginalisés. À l’inverse, le pharisien Simon (Luc 7,39) illustre un regard réducteur, aveuglé par le jugement.
- Un regard authentique : Jésus exprime colère (Marc 3,5) ou tristesse (Luc 19,41) sans masquer ses émotions, montrant que la vérité du cœur prime sur les apparences.
- Un regard agissant : Chaque fois que Jésus voit, il agit : guérisons (Matthieu 8,14), appels (Matthieu 9,9), ou fondations (Jean 19,26-27). Son regard est déclencheur de vie.
- Un regard qui enseigne : En Matthieu 19,26 ou face à l’homme riche, Jésus utilise son regard pour ancrer ses paroles dans les âmes, créant un espace de foi pérenne.
- Un regard qui précède la vocation : À Pierre (Jean 1,42) ou Nathanaël (Jean 1,48), Jésus révèle leur mission par un regard qui discerne et appelle.
- Un regard qui délivre : En Luc 9,38, le regard de Jésus chasse les démons, rappelant que la foi peut apaiser les esprits tourmentés.
Ce regard, toujours tourné vers le salut, invite les chrétiens à une conversion du regard : voir autrui comme Dieu le voit.
Être visage du Christ dans le monde : la miséricorde en action
La deuxième partie de la conférence explore comment incarner ce regard dans le monde. Bérengère s’appuie sur deux piliers :
- Le visage du Christ dans le frère souffrant
- Pendant la Passion, le visage du Christ est violenté (crachats, gifles en Matthieu 26,67 et Marc 14,65), reflétant l’humiliation subie par les victimes d’injustice.
- Le pape François rappelle que la souffrance a un visage : reconnaître le Christ dans le frère souffrant est un acte de paix.
- La rencontre avec autrui, même difficile, est une opportunité de salut. Comme le Bon Samaritain (Luc 10,33), le chrétien est appelé à voir, compatir, et agir.
- Le visage du Christ, reflet du Père miséricordieux

- Les œuvres de miséricorde (corporelles et spirituelles) sont des chemins concrets pour incarner la paix : Nourrir, abreuver, accueillir, visiter les malades ou prisonniers, conseiller, enseigner, avertir, consoler, pardonner, prier.
- Ces actes, souvent ordinaires, deviennent extraordinaires quand ils sont accomplis avec le regard du Christ.
- Citer le pape François : « Les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. »
- La miséricorde restaure la dignité et brise les cycles de violence, comme le proclame Isaïe 42,3 : « Il ne brisera pas le roseau cassé. »
Les fruits de la rencontre : joie, lumière, gloire
La conférence s’achève sur les fruits portés par la rencontre avec le Christ :
- La joie : Comme celle des Mages (Matthieu 2) ou de Syméon (Luc 2,30), elle est arme spirituelle pour cultiver la paix.
- La lumière : Jésus est « la lumière du monde » (Jean 8,12). Son visage illumine ceux qui le rencontrent, les transformant en phares pour autrui (Psaume 31,17).
- La gloire de Dieu : La Transfiguration révèle que voir Dieu, c’est proclamer son salut. Chaque rencontre devient une mission : conversion, témoignage, ou charité.
Bérengère conclut en invitant à marcher à la suite du Christ, itinérant et miséricordieux, pour faire de chaque visage croisé une opportunité de paix.
Résumé de la conférence donnée à l’Université d’été chrétienne de Castanet, les 2 et 3 juillet 2026





