Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens

Pour la semaine de l’unité des chrétiens Pax Christi vous propose de découvrir l’origine et la douloureuse histoire des divisions qu’a connu l’Eglise au cours des siècles et les réactions engendrées. Dès le début du christianisme en effet, apparaissent dans l’Eglise naissante des divisions, dont l’une des plus célèbres concerne l’opposition entre St Pierre et St Paul au sujet de la circoncision comme condition à devenir chrétien ; oui pour le premier et non pour le second !
Une succession de ruptures

La première des crises qui secoueront l’Eglise verra s’opposer les Ecoles théologiques d’Alexandrie et d’Antioche au sujet de la compréhension de la personne du Christ, relation entre son humanité et sa divinité.
Une deuxième crise se développera autour du Concile de Chalcédoine, en 451, et illustrera les divisions culturelles et politiques qui séparent les christianismes de l’Empire gréco-romain des autres régions.
La troisième crise, beaucoup plus fondamentale et radicale, est formellement datée 1054, alors qu’elle se développe en réalité entre les siècles IXe et XVe. Une date clé est 1204, année où les occidentaux mettent à sac Constantinople, dans le cadre de la 4e croisade. Naissent les deux Eglises de Rome (avec le pape) et de Constantinople, composée de patriarcats nationaux, le Patriarche œcuménique de Constantinople étant « le premier parmi les égaux » ! Ces deux Eglises se distinguent par plusieurs différends théologiques, les plus célèbres concernant le « Filioque » dans le Credo de Nicée-Constantinople et la primauté de l’évêque de Rome.
A l’apparition des Eglises orthodoxes va succéder la 4e crise, celle de la Réforme protestante, marquée par l’affichage, en 1517, des 95 propositions du pasteur Martin Luther, relatives, entre autres, à la pratique des indulgences ! Suite à cette initiative vont se développer plusieurs courants protestants : en Allemagne sous l’influence de Luther, en Suisse sous celle de Ulrich Zwingli, et en France sous celle du franco-suisse Jean Calvin. Suite à cette Réforme, n’oublions pas de mentionner les 8 guerres de religion dramatiques qui sévirent en France entre 1562 et 1598.
En Angleterre, en 1529, à la suite de la séparation du roi Henry VIII avec la papauté, c’est l’Eglise anglicane qui voit le jour.
En 1870 enfin, émerge l’Eglise « vieille-catholique », qui n’accepte pas le dogme de l’infaillibilité du pape, ni la juridiction universelle de l’évêque de Rome.

La naissance de la semaine de prière pour l’unité des Chrétiens

C’est un ministre épiscopalien américain, converti au catholicisme, Paul Wattson, qui le premier eut l’idée de prier, en 1908, pendant une semaine, pour l’unité des chrétiens. Cette « octave » devait se dérouler annuellement entre le 18 janvier, fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome, et le 25 janvier, fête de la conversion de Saint Paul. Ces dates sont d’actualisées chaque année.
En 1899 déjà, le pape Léon XIII encourageait les chrétiens à prier l’octave dans le contexte de la Pentecôte ; et en 1926 le Mouvement Foi et Constitution émettra des suggestions pour le contenu de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. L’abbé Paul Couturier se révèlera le grand avocat de cette cause essentielle qu’est la recherche de l’unité.
Mais le véritable démarrage de l’œcuménisme a lieu lors de la Conférence d’Edinbourg, en 1910, sur initiative des Eglises nouvelles d’Afrique et d’Asie. Deux courants essentiels s’affrontent : faut-il privilégier les problèmes doctrinaux, structurels et ecclésiaux, comme le préconise l’évêque anglican américain Charles Brent, ou faut-il privilégier l’union par la lutte pour une société plus juste, plus fraternelle, telle que demandée par l’archevêque luthérien d’Uppsala, Nathan Söderblom ?

Une nouvelle impulsion

Dans les années 1930, l’abbé Paul Couturier donne une nouvelle impulsion en réunissant tous les baptisés chrétiens : catholiques, orthodoxes, anglicans, protestants et propose comme objectif : « l’unité que Dieu voudra par les moyens qu’il voudra ». Un groupe de travail informel de théologiens francophones catholiques et protestants est constitué qui prendre le nom de Groupe des Dombes. Ce groupe, composé aujourd’hui de 40 membres, travaille selon le principe du « consensus éclairé » et ses travaux font autorité.
Les deux courants issus de la Conférence d’Edinbourg de 1910, vont fusionner en 1948 seulement, à Utrecht, cela à cause de la guerre et de l’opposition catholique et vont déboucher sur la création du Conseil œcuménique des Eglises. Ce Conseil comprenait en 2018, 350 membres, représentant plus de 500 millions de chrétiens, dont les Eglises orthodoxes, qui posent toutefois régulièrement des problèmes doctrinaux. L’Eglise catholique romaine, avec ses 1’254 millions de baptisés n’en fait pas partie, mais coopère toutefois dans un nombre croissant de domaines d’activité, avec le concours de théologiens tels que Henri de Lubac ou encore Yves Congar.
La Communauté de Taizé, fondée en 1944 par le pasteur suisse Roger Schütz, constitue un bel exemple du vivre ensemble œcuménique dans le but de « construire une vie commune dans laquelle la réconciliation selon l’Evangile serait une réalité vécue concrètement ». Taizé attire tout spécialement les jeunes. Le Concile des jeunes en réunit jusqu’à 40’000 à l’occasion de Pâques.
Rappelons, pour mémoire, l’apport considérable au dialogue interreligieux et à l’œcuménisme du Concile œcuménique Vatican II. Dans son encyclique Ut unum sint (Qu’ils soient un) de 1995, le pape Jean-Paul II reprend à son compte les conclusions du Concile en déclarant : « l’Eglise catholique s’est engagée de manière irréversible à prendre la voie de la recherche œcuménique… ».

La semaine de l’unité des chrétiens, aujourd’hui

Depuis 1968, « la semaine » est préparée conjointement par le Conseil œcuménique des Eglises et le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Dès 1975, ces deux organes demandent à un groupe œcuménique local de proposer un texte enrichi de références bibliques pour accompagner les prières de la semaine, texte en principe en rapport avec un problème inhérent au pays. C’est ainsi qu’en 2017, année des 500 ans de la Réforme protestante, une équipe œcuménique d’Allemagne a proposé comme thème : « nous réconcilier, l’amour du Christ nous y presse (2 Co 5, 5,14-20) ». Quel merveilleux exemple de réconciliation ! L’Esprit Saint n’a pas chômé ! En 2019, ce sont des chrétiens d’Indonésie, pays qui comprend plus de 17.000 îles, 1340 ethnies différentes parlant plus de 740 langues qui ont choisi comme thème « Tu rechercheras la justice, rien que la justice ! (Dt 16.20) ». Choix courageux et oh combien justifié, vu que ce pays est confronté à de graves inégalités sociales et à une importante corruption.
Pour le thème de 2021, c’est la Communauté de Grandchamp, à Arosa en Suisse qui a été choisie. Composée de religieuses des différentes confessions chrétiennes et de différents pays, elle se consacre à la réconciliation à l’intérieur de la famille humaine et au respect de tout le Créé. Le thème retenu a été « Demeurez dans mon amour, et vous porterez du fruit en abondance (Jn 15, 5-9) ». Voilà qui rejoignait l’esprit de Laudato Si’.
Pour 2022, le choix du thème et la conception du livret de la semaine de prière est confié au Conseil des Eglises du Moyen-Orient, dont le siège est au Liban. Pourquoi avoir choisi cette communauté ? sans doute parce qu’elle mérite notre attention, étant confrontée à de nombreux problèmes dans un contexte politique particulièrement tendu. C’était également l’occasion de lui permettre de montrer qu’en dépit des difficultés, elle pouvait contribuer à l’unité des chrétiens au vu de la richesse de son passé. Cette petite communauté ne craint pas la peur, malgré les nombreuses crises traversées, elle peut partager les dons et trésors accumulés pendant 2000 ans de christianisme. Plusieurs passages bibliques ont été proposés, et, finalement, c’est un passage assez surprenant au premier abord, traitant des mages, qui a été retenu : « nous avons vu son astre à l’Orient, et nous sommes venus lui rendre hommage » (Mt- 2.2). Pourquoi ce passage des mages ? Sans doute parce que leur longue marche (elle aurait duré 2 ans selon certains spécialistes) peut être comparée au cheminement du peuple de Dieu guidé par l’étoile qu’est pour nous le Christ.

Extrait de l’article de Jean-Pierre RIBAUT, diacre, publié pour la semaine de prière pour l’unité des chrétien 2022

Chaque année retrouvez l'ensemble des propositions pour cette semaine sur le site Unité des chrétiens
Pax Christi et la semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Le charisme de Pax Christi c’est la Réconciliation. Cette semaine de prière est au cœur de la réconciliation entre les Eglises chrétiennes et entre les chrétiens. Nous souhaitons offrir et faire connaitre la pédagogie de Dieu, infiniment patient et qui réconcilie les frères et les soeurs divisés.

Cette année 2026 nous irons à la rencontre de communauté chrétiennes de différentes confessions et dont le pays d’origine connait la guerre. En signe de solidarité et de consolation, nous leur remettrons l’icone de la réconciliation réalisée pour Pax Christi International par le monastère Saint Jean du Désert près de Jérusalem.