Entrer dans Jérusalem

La Semaine sainte représente pour les chrétiens la « montée vers Pâques » autant que la montée vers la ville sainte de Jérusalem, dont le nom signifie « demeure de la paix ». Qu’est-ce que cela signifie pour nous, en ces temps troublés où le désir de paix, en Palestine comme en Ukraine et dans le reste du monde, est plus fort que jamais ? Michael Erohubie, prêtre du diocèse de Strasbourg et enseignant à la faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg nous livre ici sa réflexion du dimanche des Rameaux par lequel commence la Semaine sainte.

Entrer dans Jérusalem

Cette semaine, c’est la dernière fois que Jésus se rend à Jérusalem. Le dimanche des rameaux nous célébrons son entrée triomphante dans Jérusalem. Ce jour marque vraiment le début des événements menant à la passion, à la mort et à la résurrection du Christ. C’est son destin qui appelle Jésus. Lui qui jusque-là était assez discret, entre maintenant ouvertement dans la ville sainte sous les acclamations de la foule en liesse. Il y a certainement, pour nous aussi, un temps d’hésitation, un temps pour se retirer, un temps d’apprentissage. Mais il y a aussi un temps pour s’afficher et réaliser nos rêves.

Attaché dehors, près de la route…

Jésus monte sur un ânon qui auparavant n’avait jamais été sollicité. Il était en permanence attaché près de la route jusqu’à ce jour où on le détacha sur ordre de Jésus. Même si parfois nous savons où nous devrions aller, nous avons juste besoin de demander à Jésus la grâce du détachement que ce soit de nos idées, de ces choses ou de ces personnes qui nous empêchent de nous mettre en route vers Jérusalem.

De quelle paix parlons-nous ?

Jérusalem signifie « demeure de la paix ». Symboliquement, elle représente cette paix où il nous faut entrer, où nous trouverons notre épanouissement et la raison pour laquelle nous avons été créés. Cette sorte de paix ne correspond pas simplement à l’absence de conflit ou de bruit. Jésus est entouré d’une foule bruyante qui l’acclame d’abord au cri de « Hosanna » pour ensuite se retourner contre lui. L’agitation est à son comble. Il y a des éloges obséquieux et des conflits. Mais comme il est en phase avec sa raison d’être, Jésus entre dans Jérusalem pour y accomplir sa mission. Ne laissons ni l’éloge, ni le blâme nous arrêter dans notre quête de sens et de bonheur.

Suivons l’appel

Alors, qu’est-ce qui nous retient encore ? Pourquoi sommes-nous toujours là à regarder la route plutôt que de l’emprunter ? Quand laisserons-nous Jésus prendre les rênes et nous guider comme il l’a fait avec le petit âne ? Allons-nous nous laisser influencer par les caprices de la foule ? La paix que nous désirons, nous pouvons l’atteindre à condition que nous cessions de nous cacher et que nous nous dirigions courageusement vers notre Jérusalem. C’est l’appel du destin. Oui, nous devrons faire face à l’opposition. Oui, les principaux prêtres et les pharisiens comploteront contre nous et tenteront de nous arrêter. Il se pourrait même qu’ils essaient de nous

tuer. Soyons humbles et restons prudents ! Allons-y à dos d’âne – symbole d’humilité – plutôt qu’à cheval – symbole de domination ! Prions, et quoi que nous fassions… surtout ne revenons pas en arrière. Maintenant que l’âne est détaché, il ne nous reste plus qu’une chose à faire : aller de l’avant.