Au sanctuaire Notre Dame du Laus, un week-end pour « Choisir la paix – un chemin de liberté intérieure », du 26 au 28 juin 2026. Un thème en lien avec la grâce propre au lieu : dans une de ses premières apparitions à Benoîte Rencurel, la Vierge Marie lui dit : « J’ai demandé ce lieu à mon Fils pour la conversion des pécheurs, et il me l’a accordé ». Et, depuis plus de trois siècles nous témoignons ici des grâces de compassion, de réconciliation et de guérison. Les pèlerins et pénitents peuvent vivre l’expérience de la paix du cœur par la rencontre avec le Christ, visage de la miséricorde du Père.
Dans un monde et une société blessés par tant de divisions, de fractures et de haine, vivre la réconciliation est un véritable chemin de paix intérieure. Et lorsque la paix intérieure est retrouvée, on peut s’essayer à la transmettre.
La paix est possible… elle a besoin de toi ! La paix est possible… elle ne se fera pas sans toi ! la paix est possible… elle est une bonne nouvelle pour toi !
La miséricorde comme chemin vers la paix
A la suite de ce que vient de nous dire le Pape Léon XIV dans son encyclique, nous ne voulons pas seulement dénoncer le mal mais aussi regarder les temps que nous vivions – à tous les niveaux de la notre vie humaine – avec espérance. « Nous n’interprétons pas le présent comme un destin figé, mais comme un champ ouvert à la conversion personnelle et collective » (n° 210). Une « conversion personnelle et collective »… un beau chantier !
Notre relation avec Dieu n’est pas simplement « individuelle », elle s’exprime aussi par la dimension « personnelle » qui implique rencontre et relation. Nous sommes à la fois disciple et apôtre. Apaisés et réconciliés nous pouvons alors devenir apaisants et réconciliateurs (cf. Notre Père : « pardonne-nous comme nous pardonnons »).
La miséricorde reçue rend responsable et appelle à être miséricordieux. L’autre n’est plus alors ennemi ou concurrent, mais frère et sœur. Nous ne sommes plus dans l’exclusion ou le rejet, mais dans la communion et la fraternité.
Comme l’écrivait le Pape François dans la Bulle d’indiction de l’Année de la Miséricorde : « Dans la miséricorde, nous avons la preuve de la façon dont Dieu aime. (…) Il vient nous sauver de la condition de faiblesse dans laquelle nous vivons. Touchés jour après jour par sa compassion, nous pouvons nous aussi devenir compatissants envers tous » (n° 14).
Le « chemin de réconciliation nous appelle à trouver dans le fond de notre cœur la force du pardon et la capacité de nous reconnaître frères et sœurs. Apprendre à vivre le pardon fait grandir notre capacité à devenir des femmes et des hommes de paix » (Pape François, Message pour la Journée de la Paix, 1er janvier 2020).
« Remets-nous nos dettes, Seigneur,
comme nous les remettons à nos débiteurs,
et, dans ce cycle de pardon, accorde-nous ta paix,
cette paix que Toi seul peux donner
à ceux qui se laissent désarmer le cœur,
à ceux qui, avec espérance, veulent remettre leurs dettes à leurs frères,
à ceux qui confessent sans crainte qu’ils sont tes débiteurs,
à ceux qui ne restent pas sourds au cri des plus pauvres » (Pape François, Message pour la Journée de la Paix, 1er janvier 2025).
Ainsi miséricorde-pardon et paix sont intimement liés. La miséricorde et la paix nous sont données par le Seigneur… il nous appartient de les accueillir, de les raviver et de les vivre. Nous sommes en chemin et ce chemin nous conduit à entendre la bonne nouvelle du Ressuscité : « La paix soit avec vous ».
L’engagement des Papes en faveur de la paix
Un bref regard sur l’histoire récente : Benoît XV : novembre 1914, Ad beatissimi ; 1920 : Pacem Dei munus – Pie XI, sur la montée du nazisme et du communisme – efforts répétés de Pie XII ; Jean XXIII : 1963, Pacem in terris – Paul VI : appel à l’ONU, « plus jamais la guerre » ; Journée mondiale de prière pour la paix – Jean Paul II : insistance sur les fondements de la véritable paix : justice, droits de l’homme, pardon, liberté, respect de la dignité humaine, vérité – Benoît XVI : au Liban, 2012, la paix est « l’état de l’homme qui vit en harmonie avec Dieu, avec lui-même, avec son prochain et avec la nature. Avant d’être extérieure, la paix est intérieure » – François : respect de la création et soin de la planère sont des conditions d’une paix durable, accueil des migrants… autant d’ « occasion de construire un avenir de paix ».
Durant le colloque nous prendrons le temps de parcourir les Messages publiés chaque année, depuis 1968, à l’occasion de la Journée mondiale de prière pour la paix. Les thèmes choisis pour ces messages nous montrent l’attention précise et actuelle des Papes.
Léon XIV : « La paix soit avec vous ! … il s’agit de la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement » (Message pour la Journée de la paix 2026) ; cf. premières paroles au soir de son élection.
En regardant notre monde, on peut repérer deux voies quant à la vie en société : une, qui suit une « Logique de force (indifférence, cynisme, mensonge, haine) » et l’autre, qui est au service d’une « logique de paix (vérité, sobriété, proximité, attention) » (Magnifica humanitas, n° 212).
Quelques pistes pratiques nous sont proposées pour une vie renouvelée et des relations apaisées : « …désarmer les mots, construire la paix dans la justice, adopter le regard des victimes, cultiver un sain réalisme, relancer le dialogue et le multilatéralisme (Magnifica humanitas, n° 213).
Devenir artisan de paix, de la réflexion à l’action
L’invitation peut venir de saint Paul : « Que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit » (1Co 3,10).
Apprendre à vivre le « sacrement du frère » dans nos relations quotidiennes : connaissance et reconnaissance de l’autre, respect, bienveillance…
« Résister à la contagion des ténèbres », ce qui nous engage à vivre concrètement comme des fils de lumière. Saisir toutes les occasions pour être artisan de réconciliation, serviteur de la fraternité.
« La paix est le fruit de la justice » -> « La paix est en danger quand l’homme se voit nier ce qui lui est dû en tant qu’homme, quand sa dignité n’est pas respectée et quand la coexistence n’est pas orientée vers le bien commun » (Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n° 494).
Reprenant les paroles de saint Paul VI, le Pape Léon nous propose d’être les bâtisseurs de la « Civilisation de l’amour ». « La paix est le fruit de l’amour ». A chacun de s’engager sur ce chemin en prenant la mesure de l’urgence vitale de cette mission. Chacun est capable d’innovations pour la mise en pratique. Il ne faudrait pas attendre simplement un livre de recettes qu’il suffirait d’appliquer mais chacun, là où il vit, est responsable de la mission à travers ses actes : servir la réconciliation et la paix.

Pour aller plus loin
Approfondir le lien entre la miséricorde et la paix. Dans la célébration du sacrement de la réconciliation, les paroles de l’absolution disent « qu’il (Dieu) vous donne le pardon et la paix ! ». Ce don est en vue de notre propre transformation, et aussi en vue de la transformation du monde par notre engagement.
Se former à la lumière de la Doctrine sociale de l’Église. Au Laus, pendant l’année pastorale 2026-2027, nous proposerons plusieurs week-end pour découvrir et travailler cette Doctrine sociale. Cf. Compendium, 11e chapitre : La promotion de la paix.
Être audacieux et inventifs pour vivre « une authentique culture de paix » (Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n° 495). Ne pas se contenter de dénoncer le mal, s’engager au service du bien.
Placer « au centre la dignité inaliénable de chaque être humain et le bien commun comme fins de la société et comme critères de tout choix personnel, social et politique » (Magnifica humanitas, n° 174).
Ce week-end s’adresse à celles et ceux qui, entre désirs d’engagement, questionnements personnels et attentes parfois longues, cherchent à avancer dans la confiance et la paix.
À travers des temps de prière, d’enseignements, de partage, de marche, et de convivialité, cette session propose de relire son parcours, d’accueillir ses désirs, de faire la vérité sur ses peurs… et de découvrir comment Dieu se tient présent, même dans les zones d’attente ou d’incertitude.
Dans le cadre ressourçant et vivifiant du sanctuaire Notre-Dame du Laus, ce week-end offre l’occasion de s’ouvrir à une paix plus profonde, libre et féconde.
Animé par le p. Mickaël Garreau, chapelain
Du vendredi 26 juin soir au dimanche 28 juin après-midi
Inscription et réservation à l’hôtellerie du sanctuaire :
04 92 50 30 73
du lundi au vendredi de 9h à 17h
reservation@notredamedulaus.com
💖Message de Jésus à sainte Faustine : « Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde » (24 septembre 1936).
💖« Heureux les artisans de PAIX. Faire la paix – sans mentir : faire la paix en vérité. (…) après un désaccord, faire la paix avant le coucher du soleil. Et ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu. L’horizon de chaque jour ouvre sur l’éternité de la Miséricorde.
💖L’ouvrier de paix c’est donc un travailleur serviteur, un combattant désarmé de toute volonté impérialiste, un témoin de vérité : il milite pour un Autre qui est Roi crucifié. Le faiseur de paix : il cherche au-delà des divergences à s’accorder ; il fait chaque jour œuvre de lumière dans l’entre nous menacé de ténèbres. Il se tient en enfer et ne désespère pas. Par amour du Christ il prie pour ses ennemis » (Bx. Fr. Christophe de Tibhirine).
💖« Le soir de Pâques, le Christ fait aux disciples le don messianique de sa paix, et il les fait participer à sa mission. Sa paix est plénitude de l’être, harmonie avec Dieu, avec les frères et sœurs, avec la création » (Pour une Église synodale. Communion, participation, mission, n° 140).
💖Miséricorde et paix… « Tout essayer pour le Christ ! Tout espérer pour le Christ ! » (Pierre Teilhard de Chardin, Le milieu divin).
Cheminer avec des figures de paix
🙏Benoîte Rencurel
Voyante du Laus ellea reçu de la Vierge Marie la mission de prier pour la paix et de conduire à la paix du cœur. Comment cette dimension spirituelle et intérieure peut-elle transformer nos engagements concrets pour la paix ?
Retrouver la paix du cœur pour se retrouver soi-même et faire l’expérience d’un Dieu qui est déjà là, présent au plus intime de nous-mêmes. Accueillir le don de la paix afin de devenir artisan et serviteur de la paix. Cf. mission confiée par le Christ lors du premier envoi des disciples : « Dites d’abord paix à cette maison » (Lc 10,5). La Vierge Marie a souvent confié la mission de la prière à Benoîte. La prière nous permet d’accueillir la paix comme un Don de Dieu. Elle nous permet aussi d’accueillir l’autre comme un enfant de Dieu, aimé et sauvé.
Parlant de ses oreilles, Benoîte disait : « Elles ont tant écouté » : écoute de la Parole de Dieu, écoute de la Vierge Marie (qui fut pour elle éducatrice, guide et mère), écoute des pèlerins et pénitents. Le Pape François proposait la mise en place d’un « apostolat de l’écoute ». Proposition de redécouvrir une écoute vraie : en famille, dans nos communautés et dans toutes nos relations interpersonnelles. L’écoute est nécessaire pour la dynamique synodale.
La mission de Benoîte à l’égard des pénitents et pèlerins pourrait se présenter ainsi : accueil, écoute, accompagnement.
🙏Saint Irénée
Son nom signifie ‘paix’, a été un artisan d’unité. En quoi son héritage théologique (notamment sa vision de l’unité de l’Église) éclaire-t-il les défis œcuméniques et interreligieux actuels ?
Le 21 janvier 2022, le Pape François reconnaît saint Irénée comme Docteur de l’Église, « docteur de l’unité » : « son nom exprime cette paix qui vient du Seigneur et qui réconcilie, réintègre dans l’unité ». L’essentiel, pour saint Irénée, est de transmettre l’événement Jésus Christ : Dieu qui lie son destin pour toujours avec celui de l’humanité. On dira de lui « il a vécu son nom ». « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu ». Vision et lumière viennent de l’intérieur du cœur humain.
Saint Irénée nous invite à avoir une vision positive de l’Homme ; homme en croissance d’humanité ; développement dans l’accueil de l’amour et de la grâce de Dieu (homme décentré). Combattre les attitudes et les pensées qui fonctionnent par exclusion et opposition. Il s’émerveillait devant l’harmonie de la création. Le pape François écrivait dans l’encyclique Laudato si : «…conviction que tout est lié » (n° 16) et souhaitait « une nouvelle solidarité universelle » (n° 14).
Ne pas confondre « Unité » et « Uniformité ». L’unité implique le respect de l’autre et la reconnaissance de sa dignité et de ses talents et capacités. Unité dans la distinction.









