Rentrée 2026 : La relation au cœur de l’éducation à la paix pour l’enseignement catholique d’Angers
La journée de rentrée de l’enseignement catholique d’Angers marque un tournant majeur pour le territoire. Les équipes ont accueilli, le 25 août dernier, leur nouveau directeur diocésain, Laurent Baudrez, ancien adjoint de son prédécesseur, Philippe Trillot. En présence de Monseigneur Emmanuel Delmas, des 300 chefs d’établissements et des 20 prêtres accompagnateurs, l’équipe de la direction diocésaine a proposé une journée autour du thème d’année : « Cultivons la relation, éduquons à la paix ».
Notre chargée d’éducation à la paix, Bérengère SAVELIEFF, a été invitée pour animer cette journée et pour accompagner la construction de cette vision commune. Elle a apporté, lors de ces différentes interventions successives durant la journée (conférence, atelier et témoignage), des éléments tirés à la fois du champ de la recherche académique de l’éducation à la paix et de sa propre expérience pour aider à bâtir des relations pacifiées dans toutes les dimensions (avec soi-même, avec les autres, avec la société et le monde).
Pour rendre présents les enjeux des guerres et les enfants qui les subissent, Pax Christi avait installé, lors de cette journée, une exposition de dessins d’enfants ukrainiens, fruit d’un projet en collaboration avec la Maison d’édition Duh i Litera (l’Esprit et la Lettre) de Kyïv et la communauté œcuménique de Taizé.
Retrouvez ci-dessous le témoignage de Christelle Bellanger, en charge du Label Ouverture Internationale de la direction diocésaine du diocèse d’Angers.


Pourquoi avoir choisi l’éducation à la paix comme thème de conférence pour cette année ?
Cette année, notre boussole sera guidée par une thématique forte, essentielle et terriblement actuelle : « Cultivons la relation, éduquons à la Paix ». Parmi les grands enjeux de nos communautés et les défis majeurs identifiés, le tout premier s’est imposé comme une évidence : le défi de la relation. Comment faire de nos écoles, de nos collèges, de nos lycées, des lieux de rencontre véritable ?
Pour bien comprendre le sens de cette journée, il est bon de regarder le chemin parcouru. Cette thématique n’est pas née par hasard ; elle est le fruit d’une continuité mûrie depuis trois ans. En 2024-2025, nous avons ouvert ce chantier en plaçant « La fraternité au cœur de notre projet », un chemin éclairé à l’époque par l’intervention inspirante de Didier Duriez, président de Caritas France. L’an dernier, en 2025-2026, nous avons prolongé cette dynamique en lien avec les travaux de la Tutelle diocésaine autour du thème « Vivre l’engagement comme chemin d’Espérance ». Nous nous rappelons tous cette expérience partagée de l’émission Les Lueurs et les témoignages marquants de Marie Cazenave, Amélie Eymard et Nicolas Touzaint, qui nous ont montré qu’engager sa vie est un acte d’espérance.
Aujourd’hui, pour cette année 2026-2027, nous franchissons une nouvelle étape logique et audacieuse. Après la fraternité et l’engagement, nous voilà appelés à poser des actes concrets : « Cultivons la relation, éduquons à la Paix ».
En quoi la journée passée avec Pax Christi vous aidera dans votre mission ?
La paix est une construction artisanale. Éduquer à la paix, c’est une démarche éminemment créative, qui doit s’enraciner dans la réalité de nos territoires, de nos écoles, de nos collèges et de nos lycées.
La journée et la conférence de rentrée ont été une invitation à recueillir du matériau réflexif. Tout au long des interventions, des carrefours et des partages, les chefs d’établissement ont été invités à glaner des idées, des concepts, des élans pour inventer leur manière d’éduquer à la paix. Nous souhaitons au sein de notre DDEC continuer de consolider les liens avec Pax Christi pour accompagner notre dynamique diocésaine et déployer celle-ci dans notre réseau d’établissements pour faire de nos établissements des écoles de paix
Quelles sont les pistes pour la mise en œuvre d’une culture de paix dans votre territoire ?
- L’école a une responsabilité essentielle : apprendre à vivre ensemble et contribuer à construire une culture de paix. Cette responsabilité est particulièrement forte pour nos établissements catholiques. Notre projet éducatif nous invite à considérer chaque jeune dans toutes ses dimensions et à faire de l’école un lieu où chacun peut grandir en humanité, apprendre à rencontrer l’autre, à dialoguer, à coopérer, à pardonner et à prendre soin de la maison commune.
L’OIEC, Office International de l’Enseignement Catholique, piloté par Hervé Lecomte, nous rappelle une conviction forte : la paix ne s’enseigne pas comme un savoir. Elle s’apprend, se vit et se transmet.
C’est pourquoi une éducation à la paix ne peut pas reposer uniquement sur quelques actions, quelques séances pédagogiques ou quelques temps forts dans l’année. Elle doit progressivement devenir une culture d’établissement.
- La paix commence par les adultes. Avant de demander aux jeunes d’être respectueux, bienveillants, capables de dialoguer ou de résoudre leurs conflits autrement que par la violence, il nous faut nous interroger sur ce que nous, adultes, leur donnons à voir. Les jeunes apprennent aussi la paix en nous regardant vivre. “L’enseignant est un semeur de paix” Léon XIV. Enseignants, personnels de vie scolaire, personnels de service, administratifs et éducatifs, chefs d’établissement, bénévoles, intervenants, responsables pastoraux… chacun participe à la culture relationnelle de l’établissement.
Il s’agit, encore plus cette année, de permettre à chacun de développer une posture pacifique, pacifiante, c’est-à-dire d’apprendre à mieux se connaître, à réguler ses émotions, à écouter véritablement l’autre, à traverser les désaccords, à rechercher le dialogue et à construire des relations fondées sur le respect et la dignité de chacun. On ne peut pas demander aux jeunes de devenir artisans de paix si nous, adultes qui les accompagnons, ne cherchons pas nous-mêmes à vivre la paix.
- Nous sommes invités à vivre le discernement, le dialogue, la compréhension, la coopération, la recherche de solutions, et la fraternité. Cette dynamique rejoint pleinement notre ambition d’une éducation intégrale de la personne et donc de former des jeunes capables de penser, de choisir, d’entrer en relation, de prendre soin des autres et de s’engager pour le bien commun.
A cet effet, nous avons mis en place une plateforme ressource pour guider, inspirer les équipes afin de faire vivre les 4 dimensions de la paix : intérieure, relationnelle, sociale et environnementale sur chacune des périodes de l’année scolaire, en terminant par “Célébrer la paix” sur la période 5. Des journées “temps forts” viendront nourrir cette dynamique.
Quel est le moment qui a été le plus marquant dans cette journée ?
L’ambiance générale, le ton donné par la conférence, le témoignage, l’expérience partagée par Bérengère sur le temps de l’après-midi.









