Un an après le lancement du projet Nouvelle Fondation, les blocages de l’ONU se sont aggravés : retrait accru des États-Unis des instances onusiennes, paralysie du Conseil de sécurité par les vétos russes et américains, et multiplication des initiatives unilatérales contournant le multilatéralisme. Face à cette urgence, les 13 propositions du collectif — élargissement du Conseil de sécurité, suppression du droit de veto, renforcement de la société civile — prennent une résonance inédite. L’heure n’est-elle plus à la réforme, mais à la refondation ?
Pour une Nouvelle Fondation des institutions internationales
Le retrait par les États-Unis de l’UNESCO auquel s’ajoute la diminution drastique de ses aides aux organismes de l’ONU favorisant la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD), mettait déjà à mal l’objectif de « sécurité humaine » théorisé par le PNUD en 1994 (Rapport mondial sur le développement humain) et progressivement mis en exergue par les différentes agences onusiennes, comme le reconnaissait par exemple Bertrand Badie dans son livre L’Art de la paix (2024).
Nous assistons désormais à un nouveau coup de boutoir à l’Organisation des Nations Unies (ONU) avec la constitution par le président des États-Unis d’un Conseil de la paix dont les prérogatives iraient au-delà de la question de Gaza. Ce Conseil de la paix, entièrement à la main du président des USA, concurrencerait directement le Conseil de sécurité qui est déjà paralysé en grande partie par le droit de veto de ses membres permanents.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’un effondrement de l’ONU tel que nous la connaissons devient sérieuse. Nous ne pouvons pas nous résoudre à cet effacement de l’ONU et nous estimons que la situation requiert au contraire une réforme urgente de l’ONU. De cet effondrement pourrait cependant ressortir une nouvelle organisation internationale telle que nous la prônons dans le projet Nouvelle Fondation.
Le projet Nouvelle Fondation
Ce projet a été porté au départ par Pax Christi International à l’UNESCO et relève désormais d’une commission de Pax Christi France en rassemblant un collectif d’associations ou d’ONG dont le Mouvement de la paix, le réseau universitaire des Convivialistes, et Chrétiens de la Méditerranée. Ce projet est relié au Bureau international de la paix et à la coalition internationale Article 109.
Il porte d’ores et déjà 13 propositions concrètes pour réformer les Nations Unies, conscient que le changement de l’ossature de la communauté internationale pourra venir de la pression de la société civile. Société civile qui sera d’autant plus entendue qu’elle aura des propositions concrètes à avancer.
Les propositions clés
Nouvelle Fondation propose ainsi un élargissement des membres permanents du Conseil de sécurité à des pays représentant le Nouveau Sud : Brésil, Afrique du Sud, Inde, et un pays Arabe. À cette occasion, le droit de veto disparaîtrait. Le rôle du secrétaire général serait renforcé avec un primat de la négociation et de l’envoi de casques bleus dans la résolution des conflits. Le rôle de la société civile serait également accru via ses ONG et la création d’un Comité de liaison ONG-ONU.

Cette nouvelle ossature pourrait être portée par les pays du « nouveau sud » et par l’ensemble de la communauté internationale à contre-courant de ceux qui s’affranchissent déjà de la Charte de l’ONU de 1945 comme les USA et la Russie.
Il est temps de prendre acte du non-respect de la Charte de l’ONU et de rebâtir à partir d’un socle commun de pays artisans de paix. L’Union européenne aurait ici toute sa part à jouer pour contribuer à rebâtir une nouvelle communauté internationale favorable au multilatéralisme et ouverte au retour à terme de ceux qui s’en affranchissent.
Nous en appelons ainsi à une rencontre de toutes les coalitions internationales d’ONGs visant à refonder l’ONU pour soutenir les initiatives des États en ce sens.
Commission Nouvelle Fondation









