Dans un contexte d’escalade militaire au Proche-Orient, Pax Christi France, Allemagne et Écosse, soutenues par Pax Christi International, publient une déclaration commune adressée aux dirigeants français, allemands et britanniques. Ce texte appelle à réaffirmer le droit international, protéger les civils et privilégier le dialogue pour éviter une déstabilisation régionale aux conséquences dramatiques. Un appel urgent à rompre la logique de guerre et à incarner une Europe porteuse de paix.
Le Mouvement Pax Christi appelle l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni à défendre la paix et le droit international en Israël, en Iran et au Liban
A l’attention de :
Monsieur le Président de la République Française,
Monsieur le Premier Ministre du Royaume Uni,
Monsieur le Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne,
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères de la République Française,
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères du Royaume-Uni,
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères de la République Fédérale d’Allemagne.
Le mouvement Pax Christi, fondé il y a 80 ans, trouve ses origines dans la réconciliation franco-allemande. Il est aujourd’hui présent dans plus de 50 pays sur les cinq continents. Les sections allemande, écossaise et française, ainsi que Pax Christi International, souhaitent exprimer leur profonde inquiétude face au non-respect du droit international et à la position de nos trois pays dans le conflit actuel impliquant Israël, l’Iran et le Liban, ainsi qu’à ses implications régionales plus larges.
Ancré dans l’expérience de la réconciliation après la Seconde Guerre mondiale et engagé en faveur de la non-violence active, le mouvement Pax Christi estime qu’une paix durable ne peut être obtenue par une escalade militaire, mais par le dialogue, le droit international et la protection de la dignité humaine.
Les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, alors que des négociations étaient en cours, constituent une attaque contre un État souverain, contraire au droit international. Il en va de même pour les bombardements israéliens au Liban.
Les responsables politiques qui se sont rendus coupables des crimes les plus graves doivent être traduits devant la Cour pénale internationale et non exécutés de manière extrajudiciaire. Le meurtre de civils constitue un crime de guerre. Le respect du droit international doit s’appliquer de manière égale à tous les États. Une application sélective sape la crédibilité du système international et affaiblit les institutions destinées à protéger les civils et à prévenir la guerre.
Les responsables politiques qui se sont rendus coupables des crimes les plus graves doivent être traduits devant la Cour pénale internationale et non exécutés de manière extrajudiciaire. Le meurtre de civils constitue un crime de guerre. Le respect du droit international doit s’appliquer de manière égale à tous les États. Une application sélective sape la crédibilité du système international et affaiblit les institutions destinées à protéger les civils et à prévenir la guerre.
Les actions illégales des États-Unis et d’Israël, ainsi que les représailles auxquelles nous assistons, menacent de plonger toute la région dans une escalade de la violence. Il faut empêcher cela. L’escalade actuelle comporte un grave risque mondial. Plusieurs États impliqués possèdent des armes nucléaires ou s’appuient sur la dissuasion nucléaire. Toute nouvelle confrontation risque d’entraîner une erreur de calcul aux conséquences humanitaires catastrophiques. Les armes nucléaires ne peuvent être utilisées sans effets dévastateurs sur l’humanité. Nous réaffirmons l’importance du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et la nécessité urgente pour tous les États de poursuivre le désarmement et de rejeter les doctrines fondées sur la menace de destruction massive.
Dans deux déclarations datées du 28 février et du 1er mars 2026, les représentants de nos trois nations n’ont pas condamné ces frappes et ont déclaré : « Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, éventuellement en autorisant des actions défensives nécessaires et proportionnées visant à détruire la capacité de l’Iran à lancer des missiles et des drones à leur source. Nous avons convenu de collaborer avec les États-Unis et nos alliés dans la région sur cette question. » (1) La voie est donc ouverte à d’éventuels bombardements en Iran, en coordination avec les États-Unis et Israël. L’absence de condamnation ferme ou l’expression d’une position ambivalente de la part de nos trois pays est pour nous un véritable sujet de préoccupation.
La poursuite des ventes d’armes, l’utilisation de bases militaires et le déploiement massif des forces navales ne permettent pas à nos pays de se positionner comme une force de paix dans la région. Nous nous exposons à devenir une partie prenante directe du conflit.
Nous appelons donc nos gouvernements et l’Union européenne à réaffirmer publiquement la primauté du droit international et la protection des civils, à soutenir les initiatives diplomatiques urgentes visant à la désescalade et au dialogue régional, et à suspendre les transferts d’armes qui risquent de contribuer à des violations du droit international humanitaire.
Une fois de plus, un nouveau conflit exacerbera les tensions, ouvrant la voie à de nouvelles violences. Nous pensons que nos trois pays pourraient, et auraient dû depuis longtemps, montrer l’exemple à l’Europe tout entière en respectant le droit international au service de l’égale dignité des individus et des peuples, de la justice et de la paix. Forts de l’expérience de l’Europe que nous avons construite depuis la Seconde Guerre mondiale et de la manière dont nous avons appris à gérer les conflits inévitables, nous sommes en mesure de montrer par l’exemple que la spirale de la haine peut être brisée.
Dans un monde où la violence cherche à prendre le pas sur le droit, nous avons les moyens d’être une force de paix, soutenus par les valeurs humanistes que nous partageons. C’est une véritable occasion pour l’Europe de s’affirmer dans un monde en proie à des troubles. L’Europe a la responsabilité historique de démontrer que la sécurité ne peut se construire sur la domination, les représailles ou la menace d’anéantissement. La véritable sécurité découle de la justice, du respect du droit international, du désarmement et du dialogue entre les peuples. Le mouvement Pax Christi appelle nos dirigeants à rejeter la logique de l’escalade et à choisir la voie difficile mais nécessaire de la paix.
Martha Inés ROMERO, Secretary General of Pax Christi International
Odilo METZLER, National Chair of Pax Christi, German Section
Birgit WEHNER, National Chair of pax christi, German Section
Hervé DORY, Vice-Président de Pax Christi France
Marian PALLISTER, Chairwonan of Pax Christi Scotland










