Depuis plusieurs années, l’équipe Pax Christi Reims, en collaboration avec la paroisse de la cathédrale de Reims, organise un événement en mémoire de la messe pour la Paix qui eut lieu dans la cathédrale de Reims le 8 juillet 1962 en présence du président français Charles de Gaulle et le Chancelier allemand Konrad Adenauer. Cette année, à l’occasion du 64ème anniversaire de ce moment historique, un temps de réflexion et de prière était proposé en présence d’une délégation de la paroisse St Apostein de Cologne.
Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Reims, devant la dalle qui commémore cette journée historique pour les deux nations, le recteur de la cathédrale a prononcé une allocution :
« Le 8 juillet 1962, ici même, dans la “cité des sacres” si durement meurtrie par les conflits passés, deux grands hommes du XXe siècle ont accompli un geste qui allait changer le destin de notre continent. Le président français Charles de Gaulle et le Chancelier allemand Konrad Adenauer ne se sont pas contentés de se serrer la main et de signer des traités économiques ; ils ont prié ensemble, côte à côte, lors d’une messe pour la paix. La Cathédrale de Reims, longtemps symbole des déchirures entre nos deux nations, est devenue ce jour-là le berceau de notre réconciliation. En choisissant ce lieu, le président De Gaulle et le chancelier Adenauer ont transformé les pierres calcinées par la guerre en fondations pour une Europe nouvelle. Il fallait une immense force politique mais aussi de foi pour passer de l’état d’”ennemis héréditaires” à celui de partenaires fraternels. Ce n’était pas seulement la fin de la haine, c’était le début d’une ambition de paix partagée. »
Nous avons ensuite déposé une gerbe sur cette plaque commémorative :
« En déposant cette gerbe aujourd’hui, nous ne faisons pas qu’honorer le passé. Nous renouvelons une promesse. La réconciliation franco-allemande est le cœur battant de l’Europe. Ce geste nous rappelle que la paix n’est jamais un acquis définitif, mais une construction quotidienne.
À l’heure où les vents de l’incertitude soufflent sur notre continent et sur le monde, le souvenir du 8 juillet 1962 doit nous servir de boussole. Que cette gerbe soit le symbole de notre gratitude envers ces deux bâtisseurs de paix. Puisse l’esprit de Reims continuer de guider nos pas, pour que l’amitié entre l’Allemagne et la France demeure, selon les mots du Général, une « réalité vivante, populaire et créatrice ». »

Puis nous avons prié :
« Seigneur, Toi le Maître du temps et de l’Histoire, Toi le Prince de la Paix, nous nous tenons aujourd’hui sur ce parvis, là où le souffle de ton Esprit Saint a autrefois guidé deux hommes d’État vers le chemin de la réconciliation et de la fraternité. Nous Te rendons grâce pour leur courage. Ils ont osé franchir le seuil de cette Cathédrale non plus en ennemis, mais en frères. Ils ont compris que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais une disposition de l’âme et une volonté de bâtir ensemble.
Bénis cette gerbe que nous déposons. Qu’elle soit le signe de notre fidélité à leur héritage.
Seigneur, Source de toute unité et de toute paix, aujourd’hui, nous portons devant Toi notre monde inquiet, traversé par les vents de la division et le bruit des conflits et de la guerre. Nous Te prions pour notre temps : transforme nos cœurs et nos regards pour que nous ne voyions plus l’autre comme une menace, mais comme une promesse. Dans un monde qui se fragmente, donne-nous l’audace de la rencontre, celle-là même qui anima le Général De Gaulle et le chancelier Adenauer à venir en cette cathédrale pour la réconciliation de nos deux nations.
Nous Te prions : que l’exemple de Reims ne soit pas pour nous une simple page du livre de l’histoire, mais une lumière pour aujourd’hui. Que ce souffle de réconciliation nous inspire pour inventer de nouvelles manières de vivre ensemble et de coopération, par-delà les frontières et les préjugés. Accorde-nous la force de pardonner sans oublier, d’accueillir sans juger, et de bâtir sans jamais nous lasser. Donne-nous la force de transformer nos murs en ponts. Inspire-nous l’harmonie, à l’image de notre Grand Orgue nouvellement réveillé : que nos voix diverses s’unissent pour chanter une seule et même espérance. Fais de nous des artisans de paix.
Que cette “Paix de Reims”, scellée dans la pierre et la prière, continue de rayonner sur nous, sur notre ville, sur nos nations, sur l’Europe et le monde entier. Pour que plus jamais le sang ne coule là où Tu as semé la vie. Amen. »


Nous avons ensuite participé à la messe pour la Paix, avec plus de cent personnes dans la cathédrale, présidée par Mgr Étienne Vetö, évêque auxiliaire du diocèse de Reims Ardennes.
Une soirée était ensuite proposée lors de laquelle nous avons visionné le film Une vie pour la réconciliation qui relate la vie de Franz Stock, avec la participation de Renate Guérend, membre de Pax Christi et de l’association des amis de Franz Stock, qui nous a fait le plaisir de nous apporter son témoignage.





