La première encyclique de Léon XIV – Magnifica humanitas, « sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle », publiée le 25 mai 2026 s’ouvre par ces mots : « La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble ». Une encyclique profondément sociale et fidèle à la doctrine sociale de l’Eglise qui nous offre une grille de lecture à la lumière du message de l’Évangile. L’être humain redevient ainsi la mesure des choses face à l’IA qui « ne possède ni conscience morale, ni empathie, ni capacité affective, relationnelle et spirituelle » (Cf : l’article de Vaticannews).
L’Intelligence artificielle n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même, mais elle est une arme de domination, de contrôle et de manipulation entre les mains d’un petit nombre. Le pape exhorte à désarmer l’IA, fidèle au message non-violent qu’il délivre depuis son accession au siège de saint Pierre. Une tâche éthique, technique et écologique qui conduit bien plus loin que le concept de « guerre juste », une théorie que le pape appelle à dépasser pour entrer dans la civilisation de l’Amour. Nous ne devons pas nous habituer à l’idée que la guerre est inévitable et qu’elle fait partie du cicle normal des choses. La paix n’est pas une utopie !!
Le pape nous alerte sur les dangers de décisions qui seraient délégués à des IA, notamment en matière de vie et de mort lors des conflits, rendant la mort et la guerre si faciles ; plus simples que le dialogue, la patience, la négociation, qui plus est le pardon, dont nous savons tous qu’ils coutent à nos orgueils, aux idées que nous nous faisons de la puissance, du pouvoir et de notre « bon droit ».
Le pouvoir…mais aussi le profit ! Le pape ne manque pas de dénoncer la course aux armements et les profits de l’industrie liée à la guerre qui restent amorales malgré la distanciation que peuvent opérer les IA; une immoralité qu’il faut continuer à dénoncer en s’appuyant sur le droit. A ce titre, le pape appelle de ses vœux une réforme profonde du système politique international dont l’autorité est mise à mal.
Face à ces menaces, le pape nous appelle à « une résistance active contre le mal et une créativité surprenante dans le bien ». Un programme tout trouvé pour les artisans de paix et pour chacun de nous, puisque nous avons toujours le choix en toute situation de ne pas alimenter les logiques d’affrontement, de force, de domination ou de haine pour privilégier le dialogue, le respect et l’amour.
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Le pape nous propose cinq pistes de responsabilité pour être artisans de paix :
- Désarmer les mots en disant la vérité 👉 Éviter les discours qui humilient, opposent ou manipulent, et privilégier un langage qui éclaire et unit.
- Construire la paix dans la justice 👉 La paix ne peut exister sans justice sociale, économique et politique.
- Adopter le regard des victimes 👉 Prendre position, car il existe des conflits où « il n’est pas juste de rester neutre ». Les attaques contre les civils, les hôpitaux ou les infrastructures blessent l’humanité elle-même. Il faut donner la parole aux victimes pour « prendre véritablement conscience de l’abîme du mal » que recèlent la guerre et toute forme de violence.
- Cultiver un sain réalisme 👉 Chercher des voies de paix réalisables par les faits, et non seulement par des déclarations ou des mots.
- Relancer le dialogue 👉 Engager un dialogue concret, inclusif et orienté vers des solutions pratiques, en évitant les abstractions qui ignorent la souffrance réelle. Le pape met aussi l’accent sur le dialogue interreligieux en ayant bien à l’esprit que « Ceux qui utilisent le nom de Dieu pour légitimer le terrorisme, la violence ou la guerre en trahissent le visage, combattre au nom de la religion signifie, en réalité, porter atteinte à la religion elle-même »
En conclusion, le Pape encourage à juger les nouvelles technologies à la lumière de l’Évangile, en choisissant « une voie chrétienne de sobriété et d’exigence ». Ainsi, même à l’ère de l’intelligence artificielle, chacun pourra rendre témoignage de la splendeur d’une humanité aimée de Dieu.








