Depuis le 15 octobre 2026, cinq représentants de la société civile centrafricaine non-violents sont détenus à Bangui pour avoir appelé la population de la capitale à faire « ville morte » pour protester pacifiquement contre la vie chère et la hausse du prix des carburants. Leur avenir reste actuellement incertain.
Le 12 octobre dernier, Elysée Nguemalé, coordinateur national de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGCD), Quentin NGOUANDO, coordinateur de l’association IGWE, Steve BENDO NDENY, Quid Igor MOKPEM et Barry MARDIOS ont publié sur les réseaux sociaux un appel à la population de Bangui pour exprimer de manière non-violente au gouvernement le mécontentement populaire face à la vie chère et la hausse du prix des carburants. L’appel a été massivement suivi, une bonne partie de la population a refusé d’aller travailler, d’utiliser les transports et de réaliser toute activité à caractère économique.
Deux jours plus tard, des organisations proches du pouvoir ont déposé plainte contre les acteurs de la société civile à l’origine de cet appel, ce qui a provoqué leur interpellation le lendemain, alors que ces derniers s’apprêtaient à donner suite au mouvement de protestation via les réseaux sociaux.
Arrêtés le 15 octobre, et détenus dans une unité de la gendarmerie, le SRI, l’accès à leur avocat et à leurs proches a été obstrué pendant plusieurs jours.
Dans un communiqué publié le 17 octobre, le parquet de Bangui a indiqué qu’ils étaient arrêtés pour « trouble à l’ordre public ». A ce jour, les peines encourues ne sont pas connues.
Rappelons que la République centrafricaine a adhéré au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), ainsi qu’à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, deux textes qui l’engagent à défendre et respecter les droits civils de ses citoyens.
En protestant de manière non-violente pour exprimer des revendications de justice sociale légitimes, le gouvernement a enfreint la liberté d’expression des activistes non-violents et violé ainsi son engagement international.
Nous appelons la communauté internationale et les partenaires de la République centrafricaine à agir en urgence pour obtenir la libération des cinq activistes, protéger leur intégrité physique et garantir le respect des libertés fondamentales. À cette fin, nous formulons les recommandations suivantes :
- À la communauté internationale et aux mécanismes de protection des droits humains : intervenir en urgence auprès des autorités centrafricaines, assurer un suivi indépendant de la situation des cinq détenus et veiller au respect de leurs droits fondamentaux.
Au Saint-Siège et à l’Église catholique en Centrafrique : mobiliser leurs canaux de dialogue auprès des autorités afin de favoriser une résolution pacifique de la situation et la libération des cinq activistes.
À la Délégation de l’Union européenne en République centrafricaine : exercer une pression diplomatique auprès des autorités pour obtenir la libération immédiate des activistes et garantir leur accès aux soins médicaux et à leurs avocats.
Les signataires :
ACAT RCA
Association Le Soc
AEEMF – Association des Églises Évangéliques Mennonites de France
Church and Peace – le réseau œcuménique européen des Églises de paix
FIACAT
Mouvement international de la réconciliation, branche française
Pax Christi International
