Du 2 au 11 septembre 2026, l’Institut catholique pour la non-violence de Pax Christi International, a tenu à Rome sa première conférence internationale, « Unarmed and Disarming Peace », Une paix désarmée et désarmante. Le pape Léon XIV a adressé aux participants un message de soutien, appelant à « promouvoir dans le monde une culture de paix, de justice et de réconciliation ». Retour sur la mission de cet institut et sur les travaux que le pape a ainsi encouragés.
Un institut né pour faire avancer la non-violence dans l’Église
L’Institut catholique pour la non-violence (Catholic Institute for Nonviolence) est un projet de Pax Christi International, porté par son initiative catholique pour la non-violence (Catholic Nonviolence Initiative). Sa mission : faire progresser la non-violence dans l’Église par la réflexion théologique, la recherche ancrée dans les expériences de terrain, le dialogue et la formation, et rendre accessibles les ressources sur la non-violence aux responsables d’Église comme aux institutions internationales.
L’institut a été inauguré à Rome le 29 septembre 2024, à l’issue d’un processus lancé notamment autour de la réception de l’appel de Pax Christi International et de ses partenaires pour une Église centrée sur la non-violence évangélique. Dès cette inauguration, le pape François avait adressé un message de soutien, saluant une initiative destinée à approfondir la compréhension de la non-violence comme spiritualité et mode d’action (voir Vatican News, « Pope Francis: May charity and nonviolence guide the world »).
Dix jours de formation, une conférence, un pèlerinage
Du 2 au 11 septembre 2026, le thème de cette première conférence internationale a Rome était, «Unarmed and Disarming Peace: The Church’s Emerging Paradigm Shift to Gospel Nonviolence », Une paix désarmée et désarmante : le changement de paradigme émergent de l’Église vers la non-violence évangélique. Le rendez-vous, qui s’est tenu au Seraphicum, a combiné une semaine de formation intensive, deux journées de conférence, puis un pèlerinage spirituel à Assise, sur les traces de saint François et de sainte Claire (Pax Christi International).
Des théologiens, responsables pastoraux, artisans de paix, éducateurs et chercheurs venus de 55 pays ont participé, dont beaucoup vivent dans des contextes marqués par la guerre et la violence : Palestine, Soudan du Sud, Cameroun, Colombie, Guatemala, Birmanie. Au programme : la recherche interdisciplinaire sur l’efficacité de l’action non violente, la défense civile, la protection civile non armée, la » légitime défense » dans le paradigme de la non-violence, ou encore la formation à la non-violence évangélique dans les séminaires, universités, écoles et paroisses.

Le soutien du pape Léon XIV
Le pape Léon XIV a adressé aux participants un message de soutien, transmis par télégramme et lu par Mgr Giovanni Ricchiuti, président de Pax Christi Italia. Dans ce texte, signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, le pape « exhorte à poursuivre la mission consistant à promouvoir dans le monde une culture de paix, de justice et de réconciliation, enracinée dans l’Évangile et témoignée par la vie », invitant chacun à devenir bâtisseur de « maisons de paix, où l’on apprend à désamorcer l’hostilité par le dialogue, où l’on pratique la justice et où l’on cultive le pardon » (voir Vatican News).
La parole du cardinal Bo : « un nouveau paradigme »
Intervenant au nom d’une Birmanie meurtrie par la guerre civile, le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun, a plaidé pour » un nouveau paradigme » dans la manière dont l’Église conçoit la paix et la légitime défense : « Les stratégies non violentes ne constituent pas un manque de défense ; elles sont une forme de défense plus efficace. » Il a appelé à investir dans la diplomatie, la justice réparatrice et les réseaux de paix pour l’alerte précoce et la désescalade, et affirmé : « La véritable légitime défense doit être non violente dans ses méthodes et désarmante dans ses effets » (Vatican News).
Les participants ont réaffirmé leur engagement à soutenir les responsables et institutions catholiques dans cette direction, avant de conclure à Assise, au tombeau de saint François, où ils ont reçu la » luce di san Francesco « , la lumière de saint François, en signe d’engagement à porter la non-violence de l’Évangile dans un monde marqué par la guerre (Pax Christi International).
