Parcours de l’Avent 2026 : Dieu vient au milieu de nous
Le temps de l’Avent est un temps d’approfondissement spirituel pour nous préparer à accueillir d’une manière toujours plus intime Jésus; à l’accueillir en nous, mais aussi dans le monde auquel nous sommes appelés à annoncer la paix de Dieu, par nos actions et par notre présence et par notre prière.
Avant de quitter ses disciples, il leur dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Cette paix est le signe d’une nouvelle alliance et de cette incroyable proximité avec un Dieu qui se fait petit enfant et montre son infinie tendresse.
Du 1er dimanche de l’Avent au 1er janvier, Journée mondiale de la paix, suivons pas à pas le chemin qui nous conduit vers la vraie paix, grâce à la prière, au discernement, à l’amour et à l’action.
C’est le temps de la paix ! Le temps de faire la paix…
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » (Jn 1, 1)
La Nativité du Seigneur : Une nouvelle proximité de Dieu, manifestation de son infinie tendresse. Goûter cet amour et aimer
Nous pensons spontanément à la crèche lorsque nous évoquons Noël. Nous y voyons les personnages principaux, Marie, Joseph, l’enfant Jésus, les bergers et leurs moutons, les rois mages sans oublier l’âne et le bœuf. Nous y ajoutons volontiers d’autres animaux et des personnages qui correspondent à notre société. Derrière cette composition, un message extrêmement important est donné : la naissance de Jésus a touché toute la création et l’humanité dans toutes ses composantes.
Il est heureux que cela s’exprime avec des personnages africains, asiatiques, océaniens, américains du sud et du nord, européens du nord et du sud. La crèche n’est donc pas une simple retranscription de l’événement mais l’expression de sa dimension universelle. Cette dimension sera rappelée le jour de Noël lorsque sera lu le prologue de Saint-Jean : « …et le Verbe s’est fait chair ».
Prendre conscience que la naissance de Jésus, si ordinaire et simple comme toute naissance, a transformé le monde n’est cependant pas acquis. On ne mesure pas assez l’impact, sur notre monde, de l’incarnation de Dieu. Car derrière cet événement est révélée la vraie identité de Dieu, sa réelle puissance et la manière dont il conduit, porte et soutient le monde. Dieu, dans la faiblesse et la fragilité d’un enfant, nous révèle ainsi qu’un autre chemin que celui des armes conduit à la paix. Sur la croix le Christ le révélera de manière étonnante et définitive.
Noël est donc l’occasion pour chacun de se questionner sur sa manière de vivre et la place que peut y avoir la violence. La non-violence proposée par Pax Christi nous aide à développer les attitudes les mieux ajustées pour notre monde. Nul n’ignore les grandes tensions entre les Etats, qui poussent les dirigeants à justifier un surarmement généralisé, mais avec le pape Léon XIV, empruntons le chemin initié par le Vénérable Robert Schuman ! Le dialogue, l’écoute, la confiance.
Noël ne sera pas l’expression de la nostalgie d’une paix perdue mais l’accueil d’une paix annoncée par celui qui vient de naître, qu’on appelle le « Prince de la paix ». Que cette espérance guide nos pas encore aujourd’hui ! Et faisons nôtre la prière de Sainte-Elisabeth de la Trinité : « O Feu consumant, Esprit d’amour, survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je Lui sois une humanité de surcroît, en laquelle il renouvelle tout son mystère ». Lui être une humanité de surcroit ! Quel bel avenir !
Quel beau programme !
✝ Mgr Philippe Ballot, Archevêque-Évêque de Metz, président de Pax Christi France
Prière universelle pour le jour de Noël
Célébrant : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Autour de la crèche, prions pour que tous les lointains de la terre voient le salut de notre Dieu.
Seigneur, en ce jour où ton Fils s’est fait chair, nous te prions pour le Pape, l’Eglise et tous les baptisés : qu’ils annoncent la Bonne Nouvelle sans peur. Que la joie de Noël ravive leur zèle, que l’Esprit suscite des vocations nombreuses, et que l’unité de la famille humaine grandisse dans la lumière de l’Enfant Jésus.
Dieu qui as parlé « autrefois par les prophètes » et qui « en ces derniers temps nous as parlé par ton Fils » (He 1), nous te confions les responsables des nations : devant l’enfant dépouillé de la crèche, qu’ils apprennent la patience et le service ; que les gouvernants et les artisans de paix travaillent à la justice, et que la naissance du Prince de la paix redonne espoir à ceux qui subissent les guerres et les crises.
Père des humbles, en ce jour, regarde tous ceux qui ne fêtent pas Noël et ceux qui ne sont pas dans la joie, qu’ils soient malades, sans-abri, prisonniers ou migrants qui cherchent un refuge comme la Sainte Famille, mais aussi les personnes seules ou endeuillées. Que le Verbe fait chair, qui « a habité parmi nous », viennent habiter ces personnes ; et que notre attention fraternelle se fasse inventive pour partager notre joie.
Emmanuel, Dieu-avec-nous, nous te prions pour notre paroisse, rassemblée autour de l’Enfant Jésus, pour tous ceux qui sont venus par habitude, par tradition, par curiosité ou en recherche. Que ta lumière rejoigne chacun de nous, et que notre cœur soit comme celui des bergers et des mages. Que notre communauté soit en ce jour un lieu où « la terre tout entière a vu le salut que Dieu nous donne » (Ps 97), et que chacun retourne chez lui « en glorifiant et louant Dieu » pour tout ce qu’il a entendu.
Célébrant : Dieu éternel, ton Verbe, lumière véritable qui éclaire tout homme, est venu dans le monde. Fais qu’en le contemplant dans la crèche, nous acceptions de naître avec lui à une vie nouvelle ; que les ténèbres de nos cœurs et celles du monde reculent devant cette lumière ; et que jusqu’aux lointains de la terre retentisse la joie de Noël. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur, né de la Vierge Marie. Amen.
Des propositions pour la semaine de Noël
Prière pour notre semaine : Ô mon Dieu, Trinité que j’adore,
Ô mon Dieu, Trinité que j’adore,
Aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible,
comme si déjà mon âme était dans l’éternité !
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de vous, ô mon immuable,
mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère !…
Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter,
je veux me faire toute enseignable afin d’apprendre tout de vous …
Ô Feu consumant, Esprit d’amour,
survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe …
Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-là de votre ombre …
Ô mes Trois, mon tout, ma béatitude,
solitude infinie, immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie;
ensevelissez-vous en moi, pour que je m’ensevelisse en vous,
en attendant d’aller contempler en votre lumière, l’abîme de vos grandeurs.
Sainte Elisabeth de la Trinité
Un jeu à faire en famille

Pour aller plus loin
Nous célébrons la naissance d’un enfant à Bethléem, mais voilà que saint Jean nous emmène plus haut encore : avant l’histoire, au commencement. Avant la crèche, il nous montre le cœur de Dieu. Et il nous dit une chose stupéfiante : celui qui était « au commencement », celui « par qui tout est venu à l’existence », celui qui est Dieu de toute éternité… est le même que l’enfant emmailloté et couché dans une mangeoire. Le Verbe éternel fait chair.
Dieu change de langage
Depuis toujours, Dieu parlait. Il a parlé par la Loi et les prophètes, il inspirait les psaumes et les écritures. Il faisait ainsi entendre sa Parole et l’homme était invité à écouter. Mais saint Jean écrit : « Il était dans le monde, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. »
Alors Dieu change de langage. Il ne parle plus seulement d’en haut ; il parle en devenant l’un de nous. Dans la lettre aux Hébreux il est écrit : « En ces jours qui sont les derniers, il nous a parlé par son Fils. » Désormais, Dieu ne se fait pas seulement entendre : il se donne à voir, à toucher, à rencontrer. Il parle en faisant le bien, en guérissant, en relevant les affligés, en pleurant avec ceux qui pleurent, en mangeant avec ses amis. Il parle par son corps et son visage et aujourd’hui c’est un corps et un visage d’enfant, offert même aux plus pauvres, facile à aimer et à entendre.
« Il a habité parmi nous » : Dieu a planté sa tente
Saint Jean emploie une expression audacieuse : « il a habité parmi nous ». En grec, c’est le verbe des tentes : littéralement, « il a planté sa tente parmi nous ». L’image renvoie aux tentes du désert, mais dans ce désert, Dieu restait inaccessible, dans une nuée, même quand il était au milieu de son peuple ou qu’il le guide dans le désert. « La nuée couvrit la tente de la Rencontre, et la gloire du Seigneur remplit la Demeure. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente de la Rencontre, car la nuée y demeurait et la gloire du Seigneur remplissait la Demeure. » (Ex 40, 34-35). Et voici que cette gloire, aujourd’hui, plante sa tente… dans la chair d’un enfant. Dieu ne reste pas lointain dans le « ciel » : il vient habiter notre histoire et notre chair. Il ne nous envoie plus de messages : il vient en personne.
Et Il ne vient pas en roi mais Il se fait pauvre parmi les pauvres, petit parmi les petits. Telle est la « gloire » que Jean dit avoir vue : non la gloire écrasante d’un pouvoir qui s’impose, mais la gloire d’un amour qui s’abandonne dans les bras d’une mère. Voilà la sorte de gloire de notre Dieu, c’est la gloire d’un enfant, « la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14) est une gloire qui se donne, totalement, jusqu’au bout.
La chair, cette fragilité que Dieu accepte de revêtir
La chair, dans la Bible, ce n’est pas d’abord le corps contre l’âme : c’est l’humanité dans sa fragilité, dans sa vulnérabilité et ses limites. C’est ce qui peut souffrir, vieillir, être blessé, abimé et finalement mourir. C’est cela que le Verbe vient habiter ! Lui qui est Dieu, il se rêvait de nos limites, il s’impose nos incapacités et nos faiblesses. À Noël, Dieu assume notre chair, il s’unit à elle et c’est pour toujours. Aujourd’hui en Jésus, Dieu devient la chair de notre chair, et nous sommes la chair de sa chair.
Nous n’avons plus à chercher Dieu par des exploits et des efforts impossibles, ou loin dans le ciel. Il est maintenant accessible dans son humanité toute ordinaire. Désormais, Dieu se rencontre dans les pauvres et les mendiants. Si vous voulez trouver Dieu, cherchez dans la mangeoire et plus tard au calvaire mais cherchez aussi la compagnie des exclus, des malades et des laissés pour compte, c’est là que vous verrez Jésus face à face.
Une infinie tendresse
A Noël, si nous regardons bien, nous découvrons QUI est vraiment Dieu, sa personnalité : il est le Tout-Puissant qui se fait tout petit, l’Infini qui tient dans une crèche, l’Éternel qui accepte la faiblesse puis la mort. Si Dieu était seulement esprit, souffle et parole de puissance, nous l’adorerions de loin. Mais il s’est fait chair : il veut être porté, nourri, abreuvé et choyé comme un enfant. C’est la tendresse qu’il donne et qu’il attend. C’est l’Amour qui risque tout en se livrant aux hommes et en ce jour, entre les bras de Marie et de Joseph.
Aujourd’hui Dieu ne veut plus attendre que les hommes aillent vers lui, il descend vers nous et c’est pour toujours. Jusqu’à la fin des temps, Dieu a un visage humain.
Goûter cet amour, et aimer
Alors que faire ? D’abord, ne rien faire d’autre que de contempler, de prendre le temps de nous tenir devant la crèche comme on se tient près d’un nouveau-né : dans le silence, l’émerveillement, l’attendrissement. « Goûtez et voyez comme est doux le Seigneur » (Ps 34). Noël n’est pas d’abord une leçon, c’est LA tendresse à accueillir. Laissez-vous regarder par cet enfant ; laissez votre cœur se réchauffer comme dans la chaleur de la paille.
Mais qui goûte un tel amour ne peut pas le garder pour soi. La preuve qu’on a goûté à l’amour de Dieu, c’est d’aimer comme lui : par en bas. Aimer les personnes fragiles autour de nous ; faire de nos maisons, de nos paroisses, de nos communautés des tentes plantées au milieu du monde, où chacun peut trouver de la place et de la chaleur. « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » : recevoir l’Enfant, c’est devenir, nous aussi, des enfants, ceux d’une grande famille, des frères, des sœurs.
Au commencement était le Verbe. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. Et nous avons vu sa gloire : elle a les traits d’un enfant qui vous tend les bras. Il ne nous reste qu’une chose à faire aujourd’hui : l’aimer, le laisser nous aimer et transmettre cet amour.
MPC
