A l’image du 11 septembre, la date du 7 octobre est comprise par tous. Le 7 octobre 2023, des membres du Hamas et des brigades al Qassam ont franchi, par une dizaine de brèches du nord au sud, la barrière israélienne soumettant la bande de GAZA à un blocus depuis 2007. Aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par le Hamas, 1152 victimes essentiellement israéliennes et 251 personnes kidnappées, a succédé dès le 8 octobre une « guerre totale » par l’État d’Israël contre la bande de GAZA.
Fin octobre 2025, un bilan provisoire faisait état de 68000 morts et 170000 blessés (10 % de la population gazaouie), 198000 habitations détruites ou endommagées et l’anéantissement de toutes les infrastructures publiques. Dès janvier 2024, la Cour de justice internationale (CIJ) estimait qu’il existait un risque plausible de génocide et a ordonné à Israël de prendre des mesures immédiates pour prévenir tout acte de génocide, autoriser l’entrée de l’aide humanitaire. (Cf l’ordonnance sur l’Application de la convention pour la prévention et la répression
du crime de génocide dans la bande de Gaza)
Un « cessez-le-feu » en trompe l’œil a réduit mais n’a pas mis fin aux violences et aux privations de la population. Dans le même temps, nous assistons à une dégradation continue de la situation en Cisjordanie occupée. Parallèlement, nous constatons un aveuglement d’une grande partie de la société israélienne, une scission grandissante entre les juifs laïcs et les juifs religieux. De part et d’autre, une absence d’espoir dans l’avenir et l’avènement d’une solution politique.
L’usage d’une violence radicale a t’il fait émerger une solution ? Non, sauf une fuite en avant dans une guerre qui s’étend au Moyen-Orient.
Souffrances pour tous, solutions pour personne.
Quels leviers d’action avons-nous ? Au regard d’une situation qui perdure depuis plus de 80 ans, des nombreux efforts de paix qui n’ont pas abouti, avons-nous des possibilités d’agir ? Même modestes, elles sont précieuses.
Avant tout, il ne faut pas nous dérober devant les souffrances d’une population, une injustice criante, sans compter les conséquences pour l’Europe et le dévoiement du droit international qui amplifie la crise du multilatéralisme… Ne pas se dérober, c’est déjà s’informer, prendre les moyens de comprendre une situation devenue complexe mais dont la trame est simple : une terre, deux peuples, l’accaparement de la terre par un des deux peuples. Les sources d’information sont nombreuses : livres, articles de presse, films, vidéos, les rapports nombreux d’ONG israéliennes et palestiniennes mais aussi internationales (Bet’selem, Al Haq, Human Rights Watch, Amnesty International…)
Ne pas se dérober, c’est manifester notre attention à des populations meurtries par leur situation mais aussi par l’indifférence qu’elles peuvent constater dans nos pays. Il faut, dans nos communautés, dans nos pays, faire mieux connaître et surtout comprendre la situation ; prendre le temps du dialogue même si ce n’est pas toujours facile. Il faut aussi nous rendre sur place. Nous sommes attendus. Méditons la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37).
Le refus de l’indifférence participe au soutien de l’opinion internationale qui peut constituer un levier puissant pour amener la communauté internationale, les états à imposer une solution digne et juste pour tous, contraindre au respect du droit international, lequel existe toujours et demeure opposable. De plus, les états tiers, pourraient être tenus responsables pour complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Le plaidoyer auprès des gouvernants, des entreprises, des communautés religieuses offre des possibilités d’actions qui sont d’autant plus efficaces qu’elles sont relayées par le plus grand nombre. Le travail interreligieux et/ou interconvictionnel est nécessaire pour une meilleure efficacité. Un exemple concret est l’actuelle campagne intitulée « Stop au commerce avec les colonies ». (Pour en savoir plus, lire l’article)
Le soutien de 45 ONG, mouvements, associations, d’une centaine de députés de huit groupes politiques différents pourrait permettre le dépôt d’un projet de loi en novembre 2026 prochain dans une niche parlementaire présentée par un groupe de députés.
Des actions de solidarité sont aussi très utiles pour des millions de personnes complètement démunies ou dans une précarité grandissante. Nous continuons à soutenir l’HuSoMe qui développe son activité aux services des orphelins dans la bande de Gaza. Il existe de nombreuses autres possibilités d’aide (Caritas, Œuvre d’Orient…)
Chrétiens, il nous faut rester fidèles à la parole Dieu pour ne pas entrer en tentation d’indifférence. Prenons le temps de l’intériorité, de la prière.
« le chrétien est un homme qui dans le désert, peut – par la prière – forer un puits, atteindre la nappe d’eau vive, faire pousser un oasis » P. Régamey O.P. in Portrait spirituel du chrétien
Pas de résignation, pas d’impuissance paralysante. Nous pouvons agir à la place où nous sommes. C’est ce que nos frères et sœurs de Palestine et d’Israël, qui agissent pour une égale dignité et la justice pour les deux peuples, attendent de nous.
