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Nous vivons une situation pour le moins confuse en France à laquelle vient s’ajouter le crime raciste de Trappes avec la mort du jeune Pengo Bossio Wangi. Confuse car il a paru difficile pendant quelques temps d’évaluer les revendications des lycéens et leur profondeur, confuse par un maintien de l’ordre dont les modes opératoires sont interrogés et semblent pour certains renforcer la contestation voire les actes violents. Une évaluation devra être conduite au-delà des déclarations des représentants du maintien de l’ordre.

Déjà en 2023, après la mort du jeune Nahel et les événements de Sainte Soline, des experts de l’ONU appelaient « les autorités (françaises) à entreprendre un examen complet de leurs stratégies et pratiques en matière de maintien de l’ordre afin de permettre aux manifestants d’exprimer leurs préoccupations et à faciliter une résolution pacifique des conflits sociaux » La même demande avait déjà été faite à l’occasion des manifestations des gilets jaunes.

Nous utilisons très souvent dans nos formations le triangle de Galtung (1930-2024) qui indique que la violence directe, visible, dépend d’une violence structurelle inscrite dans l’organisation sociale et économique d’une société et de violences culturelles qui servent à légitimer les modèles sociaux. C’est une clé très efficace pour comprendre les événements que nous vivons. Les revendications, les malaises, les inquiétudes d’une population, si elles ne peuvent s’exprimer dans un cadre institutionnel, s’expriment dans la rue avec les risques que nous constatons. La mort du jeune Pengo interrogent toutes les violences structurelles et culturelles de notre société.

Dans cette période de manifestations et d’affrontements politiques radicaux qui ne laissent guère de place au dialogue et à l’élaboration de politiques en faveur du bien commun pour les années à venir, des sujets de fond émergent comme la lutte contre les discriminations et le racisme, le besoin de dialogue à tous les étages de la vie sociale, la justice économique… C’est très positif que dans cette période d’élections des questions fondamentales s’inscrivent à l’agenda de la vie politique. Faisons en sorte que Pengo ne soit pas mort pour rien.

A l’international, des contrastes sont aussi apparus. Le prix Nobel de la paix a été attribué à Navi Pillay pour son combat au service du droit international. Le lendemain de l’attribution du prix, les Etats-Unis lançait une violente attaque contre la Cour pénale internationale… laquelle s’est vue attribuée le prix Sakharov qui récompense la liberté de penser quand le journal indépendant Novaïa Gazeta de Moscou était contraint de mettre la clé sous la porte.

Parlerons-nous des élections en Serbie, au Brésil, aux États-Unis, du développement ultra rapide de l’intelligence artificielle et de l’interrogation devenue mondiale sur le travail et la place de l’Homme ?

Les besoins de dignité, de liberté, de justice ne s’effacent jamais. Ils restent une quête toujours actuelle pour vivre dans des sociétés apaisées. C’est ce que Léon XIV, avec calme et détermination, est venu, cet automne, nous rappeler au nom de l’Évangile.

L’engagement au service de ces valeurs, aussi simple et humble soit-il, est efficace et donne du sens à nos vies.

HD

Pax Christi France - Bâtir la paix