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Parcours de l’Avent 2026 : Dieu vient au milieu de nous

Le temps de l’Avent est un temps d’approfondissement spirituel pour nous préparer à accueillir d’une manière toujours plus intime Jésus; à l’accueillir en nous, mais aussi dans le monde auquel nous sommes appelés à annoncer la paix de Dieu, par nos actions et par notre présence et par notre prière.

Avant de quitter ses disciples, il leur dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Cette paix est le signe d’une nouvelle alliance et de cette incroyable proximité avec un Dieu qui se fait petit enfant et montre son infinie tendresse.
Du 1er dimanche de l’Avent au 1er janvier, Journée mondiale de la paix, suivons pas à pas le chemin qui nous conduit vers la vraie paix, grâce à
la prière, au discernement, à l’amour et à l’action.
C’est le temps de la paix ! Le temps de faire la paix…


Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. (Mc 1)

Et si la conversion à laquelle Jean-Baptiste nous appelle devait concerner aussi notre prière ? Pour que cette prière devienne ce qu’elle devrait être, pour qu’elle trouve sa vérité. Pour qu’elle soit un chemin vers la Paix. Et pour cela, convertir notre façon de prier, la réorienter selon les deux axes fondamentaux que le Christ nous donne quand il nous enseigne à prier avec le « Notre Père ».

Première conversion de notre prière : non pas moi d’abord, mais Dieu.

Prier, vivre ma relation intime avec Dieu, être là avec lui, devrait m’amener à me soucier d’abord de lui, avant de me préoccuper de moi. Avant de lui demander ceci ou cela en fonction de mes besoins, de mes soucis, de mes problèmes, me préoccuper de lui, de son désir immense, des projets de son cœur, de sa volonté. C’est alors vouloir, avec lui, le rayonnement de son amour infini (ce que la Bible appelle la « sanctification du Nom » : le rayonnement de sa sainteté comme une lumière qui va transformer notre monde humain), vouloir avec lui la venue de son règne, le règne du Prince de la Paix, vouloir que sa volonté, sa volonté de justice et d’amour, s’accomplisse dans notre façon de vivre nos relations, dans l’espace humain et social qui est le nôtre. Afin que, comme ce rayonnement de sainteté, ce règne de paix, cette volonté de fraternité universelle se réalisent au Ciel, ils commencent à se réaliser dès maintenant aussi sur notre terre.

Là devrait être notre prière première, la plus instante, si nous aimons Dieu de tout notre cœur. Là donc la première conversion à faire quant à notre prière : ce qui le concerne, lui, notre Père bien-aimé, voilà ce qui devrait nous habiter, nous prendre au cœur. Et nous amener à travailler à son règne, à devenir des artisans de paix, nous en tant que ses enfants.

Seconde conversion : non plus « moi », mais « nous ».

« Donne-nous… , pardonne-nous… , délivre-nous… » Quand nous prions le « Notre Père », derrière le « nous », trop souvent, en réalité, nous pensons « moi » :   je demande pour moi sans penser aux autres, sans prier pour les autres. Alors que je devrais être habité par la souffrance, par ce mal qui ronge l’humanité, partout et sans cesse. « Nous », oui : ils sont mes sœurs, mes frères, tous ceux-là qui, ici tout près et dans le monde entier, sont victimes de la guerre, de la faim, de la maladie, de l’injustice sociale. Et, tout autant, même davantage, tous ceux qui se livrent au mal, à la domination, à la violence, à la haine, au meurtre. Eux aussi sont mes sœurs et mes frères, et il est si urgent qu’ils redeviennent ce qu’ils sont, des humains qui retrouvent le sens de cette fraternité, de cette bonté dont ils sont en réalité capables.

Voilà la seconde conversion à faire dans notre prière : y prendre avec moi toutes ces sœurs et ces frères plongés dans le mal sous tant de formes, ce mal qu’ils subissent ou ce mal qu’ils commettent.

            Alors, oui, si nous entendons cet appel à une double conversion, notre prière va devenir un chemin de paix. Parce que dans cette prière que le Christ nous enseigne, il y a d’abord la volonté, la sainteté de Dieu, notre Père qui est lui-même Paix, le règne du Christ, prince de la Paix, l’écoute de l’Esprit de communion. Parce que, aussi, si je prends réellement avec moi dans ma prière ce « nous » humain, ce « nous » me conduira à une fraternité sans plus aucune frontière.

            Prier comme chemin de paix : il est très signifiant qu’à la messe, à la suite immédiate du Notre Père, ce soit la paix qui vienne invoquée : une prière pour la paix, le célébrant qui nous souhaite la paix puis nous invite à l’échanger entre nous.

Une « paix » qui signifie bien davantage que l’absence de conflit : « shalom », « salam », cela dit la vie en plénitude, une vie épanouie, fructueuse, heureuse. Voilà la paix que Dieu veut pour chacune et chacun de nous : que nous grandissions dans toutes nos capacités, que nous soyons vivants au sens plénier, que « nous portions beaucoup de fruit, et un fruit qui demeure », jusque dans l’éternité.

fr. Gabriel Nissim, op

Célébrant : Frères et sœurs, une voix crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur ! » Ce chemin passe d’abord par notre cœur : c’est en fréquentant la Parole de Dieu et en priant que nous sommes transformés. Présentons au Père nos intentions, en lui demandant comme le psalmiste : « Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. »

Prions pour le Pape et pour l’Eglise : que ses ministres vivent d’abord une vie d’écoute de la Parole et d’intimité avec le Christ, pour qu’avec lui ils puissent « consoler » et « parler au cœur » du peuple de Dieu (Is 40). Que cette fidélité à la prière et à la Parole soit source de conversion pour tous les baptisés et fasse grandir l’unité des chrétiens.

Prions pour les responsables politiques et tous ceux qui exercent un pouvoir : que la Parole de Dieu, plus tranchante qu’une épée, les interpelle et les convertisse à la justice et à la paix. Pour les pays en guerre et en crise : que se lèvent, comme Jean-Baptiste, des voix qui rendent droits les sentiers tortueux de la haine et de la violence, et que nos sociétés travaillent, dans l’espérance, à ce ciel nouveau et cette terre nouvelle où habitera la justice (2 P 3).

Prions pour les malades, les pauvres, les prisonniers et ceux qui subissent l’injustice : dans leur désert, que la Parole de Dieu résonne comme une bonne nouvelle — « Voici votre Dieu ! » (Is 40). Que la rencontre intime avec le Christ dans la prière soit pour eux une consolation et une force, changeant leur souffrance en espérance. Rends nous proches de ces souffrants par la prière et par la vie.

Prions pour notre paroisse : que cet Avent soit un temps où chacun se remet à l’écoute de la Parole. Que la fréquentation de l’Écriture et la prière quotidienne produisent en nous une véritable conversion : des cœurs moins durs, des relations réconciliées, des vies relevées. Pour les familles divisées et pour celles qui sont en deuil : que la Parole soutenue par notre prière communautaire les aide à préparer dans leur cœur le chemin du Seigneur.

Célébrant : Dieu notre Père, tu nous demandes de préparer le chemin de ton Fils dans nos cœurs. Par la force de ta Parole et la fidélité de notre prière, accomplis en nous la conversion véritable : ainsi, quand viendra son jour, le Seigneur trouvera dans la paix. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Le geste de paix de la semaine : Aller à la rencontre

La conversion intérieure n’est pas un repli sur soi, mais un retournement du cœur qui détourne notre regard de nous-mêmes pour l’ouvrir aux autres. Accueillir Dieu nous transforme au plus profond : un cœur converti devient un cœur en marche. Aller à la rencontre de nos frères, c’est alors la preuve vivante de notre conversion, car on ne peut pas prétendre aimer Dieu sans aimer ceux qu’Il aime. Et réciproquement, chaque rencontre véritable nous convertit un peu plus encore. Ainsi, la conversion intérieure et la rencontre fraternelle se nourrissent mutuellement : l’une nous pousse dehors, l’autre nous approfondit.

Prière pour notre semaine : Seigneur tu es la vraie vigne

Seigneur Jésus,
Tu es la vraie vigne et je suis l’un de tes sarments.
Tu me répètes aujourd’hui : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit ».

Aide-moi à m’attacher pleinement à Toi.
Délivre-moi de l’illusion de croire que je peux tout faire par mes propres forces,
Car je sais qu’en dehors de Toi, je ne peux rien faire.

Apprends-moi à habiter dans Ton amour,
À nourrir mon âme de Ta Parole,
Et à communier à Ta vie divine.
Quand viennent les moments de taille et de purification,
Donne-moi la patience et la confiance nécessaires pour grandir.

Fais couler Ta sève de paix, de joie et de charité dans mon cœur,
Pour que ma vie quotidienne porte des fruits en abondance,
Et que le Père soit glorifié à travers mes actes.

Amen.

Un jeu à faire en famille

La paix en acte: choisir la rencontre

En paroisse, nous pouvons décider d’une action commune : organiser, par exemple, une matinée d’évangélisation de rue, sur un marché ou sur le parvis de l’église. Nous pouvons aussi décider d’aller à la rencontre d’un autre culte, proche de notre église ou sur notre commune.

A titre personnel, nous pouvons décider de sonner chez un voisin que nous connaissons peu, pour l’inviter pendant l’Avent, ou lui proposer un service.

Que notre charité se fasse inventive !!

Pax Christi France - Bâtir la paix