Lignes directrices de la commission éducation à la paix

 

Promouvoir la paix est à la fois simple et complexe. Simple, car la paix peut être faite de gestes concrets dans notre vie quotidienne, complexe car elle résulte d’un équilibre entre de nombreux éléments qui ne sont pas idéalement stables.

Pour nous chrétiens, la promesse de la paix trouve son accomplissement dans la personne du Christ. Il a détruit le mur d’inimitié entre les hommes et les a réconciliés avec Dieu (Ephésiens 2, 14-16). « Je vous laisse la paix, c’est me paix que je vous donne… » (Jn 14,27). Cette paix est réconciliation avec le Père et réconciliation avec les frères. C’est le sens de cette phrase du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».

Vouloir vivre en paix, c’est rechercher une relation apaisée avec soi-même, avec les autres, avec la création, avec Dieu. L’éducation à la paix concerne à la fois les personnes et les groupes sociaux. Aussi les actions portées par la commission sont orientées vers :

 

Le développement spirituel

La foi nous est donnée. Elle n’est ni le fruit de nos actions, ni de nos mérites. « C’est par la foi que le juste vivra » (Galates 3,11). Faire siennes les valeurs que le Christ nous propose, c’est progressivement s’affranchir de tous nos conditionnements biologiques, sociologiques, culturels… Cet affranchissement nous permet d’aller à la rencontre de l’autre. La spiritualité chrétienne est une spiritualité de la paix. S’efforcer d’accueillir, au long de notre vie, l’amour que Dieu nous offre inlassablement, c’est déjà être artisan de paix.

 

La connaissance des conditions nécessaires pour que les groupes sociaux puissent vivre en paix

Pour les chrétiens, l’action de l’homme quand elle cherche à promouvoir la dignité et la valeur intégrale de la personne, la qualité de ses conditions d’existence, la rencontre et la solidarité entre les peuples et les nations est conforme au dessein de Dieu. La connaissance de la pensée sociale de l’Eglise (doctrine sociale) est ici une nécessité. « Avec sa doctrine sociale, l’Eglise se charge du devoir d’annonce que le Seigneur lui a confié. Elle concrétise dans les événements historiques le message de libération et de rédemption du Christ » (Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise n°63 ed. Cerf).

 

L’acquisition de savoir-être : communiquer sans violence, dialoguer

La communication non-violente est destinée à favoriser l’expression des sentiments, comprendre les situations, permettre d’élaborer des solutions. L’empathie est au centre de la démarche. « Aimer, c’est promettre et se promettre de ne jamais employer à l’égard de celui qu’on aime la puissance » (Jean Lacroix cité par le Père VARILLON in « La
souffrance de Dieu). Le Père Varillon ajoute : « il y a de multiples « puissances » depuis la séduction dont l’allure est innocente jusqu’à l’abjecte violence ». « Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides » Psaume 33, 14. Pour dialoguer, nous devons reconnaitre l’égale dignité des personnes, être capable de « suspendre notre jugement le temps de comprendre l’autre » (déclaration conciliaire Nostra Aetate), ne pas se revendiquer comme la mesure du vrai et du bien. Il y a nécessité d’un effort de pensée qui gagne à être réalisé avec d’autres.

 

L’éducation à la paix « pour tous »

Compte tenu de l’augmentation de la violence dans la société française, de sa surmédiatisation et du phénomène de désinformation ;
Convaincus du fait que le citoyen doit avoir accès à des contenus lui permettant de se faire une opinion personnelle et d’aiguiser son sens critique face à une information qui peut être traitée de manière partielle, partisane ou émotionnelle (via les médias ou les réseaux sociaux);
Persuadés du fait que le message du Christ, qui redonne espérance, prône la non-violence et l’amour du prochain, doit être rendu plus accessible au grand public à travers un langage universel ;
Désireux de sensibiliser tout citoyen au fait que la paix possède une dimension à la fois extérieure et intérieure et que toutes deux sont également nécessaires et
complémentaires pour le bien-être d’une société ;
Il ressort des discussions menées que la commission a un rôle important à jouer auprès du grand public (croyants ou non-croyants) pour apporter un regard nouveau sur des sujets d’actualité qui concernent le contexte national et sont objets de préoccupation pour tous les citoyens (puisque touchant à leur vie quotidienne).
Pour ce faire, la commission propose deux outils :

• Un programme « Paix et Société », qui regroupera toutes les productions d’analyse de ces enjeux (sélectionnés au préalable par la commission)
• Un programme « Paix et Spiritualité », qui regroupera des travaux visant à « éduquer » le citoyen dans la recherche de sa propre paix intérieure.

 

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