Lignes directrices commission non-violence

Charte de la Commission Non-violence

 

Depuis plusieurs années la Commission Non-violence (CNV) est composée de plusieurs membres dispersés en province.

Thématiques couvertes par la commission :

– L’étude de la spiritualité de la Non-violence, de l’action non-violente et de sa pertinence, de ses
limites (respect des personnes, action directe, désobéissance civile…),

– Le désarmement nucléaire,

– L’éducation à la paix et à la Non-violence,

– La violence structurelle, la violence financière,

– L’écologie intégrale.

Mode de fonctionnement :

Les membres de la CNV se réunissent physiquement au moins quatre fois par an. Dans les intervalles, ils se retrouvent en conférence téléphonique ou en Zoom. Ils élaborent des documents pour le mouvement dans l’espérance qu’ils pourrons être connus par d’autres, en particulier des fiches bibliques, des fiches thématiques (nucléaire militaire), des textes élaborés (Non-violence créatrice), etc.

Chaque membre est en lien actif avec un ou plusieurs mouvements, collectifs ou associations : avec le CCFD-Terre Solidaire pour le développement, avec ICAN pour le désarmement nucléaire, avec des musulmans pour le dialogue, avec JRS Welcome pour l’aide aux migrants, avec la Jivep pour le Vivre ensemble en paix, avec Sabeel pour la justice en Palestine, avec Ensemble pour l’Europe pour la dimension européenne, avec les Marches pour le climat, avec Gandhi International et la Marche New-Delhi/Genève Jai Jagat, etc.

Le champ couvert par la CNV correspond peu ou prou à l’ensembles des thématiques du Mouvement aujourd’hui. C’est pourquoi :

– La CNV s’efforce de travailler de façon transversale en lien avec les autres commissions, car la Non-violence concerne presque tous les aspects de la vie et les problèmes liés à la paix. Pour ce faire, il est souhaité que dans chaque commission de Pax Christi France il y ait un membre de la
CNV.

– Il peut y avoir des liens de travail, entre des membres des commissions permanentes et des commissions temporaires, pour alléger les échanges au sein des commissions permanentes. Ceci concerne surtout la CNV du fait de sa transversalité.

 

Des textes de référence :

Les Évangiles, et en particulier Mt 5-7 et son parallèle Lc 6,17-38.

Le Royaume des cieux est en vous, de Léon Tolstoï, qui orienta le jeune avocat Gandhi vers la nonviolence, Tous les hommes sont frères, du Mahatma Gandhi. La force d’aimer, de Martin Luther King, Principes et préceptes du retour à l’évidence, de Lanza del Vasto, La non-violence, c’est la vie, de Jean Goss.

On trouve de nombreuses références dans le livre Chrétiens dans les révolutions non-violentes de Michel Lafouasse, précieux tant pour la connaissance des activités de la CNV que de celles de Pax Christi France depuis trente ans. Fruit d’une réflexion collective, le petit livret Un éclairage biblique de l’action pour la paix, la justice et la sauvegarde de la création peut être considéré comme l’ancienne charte de la commission lorsqu’elle s’est refondée en 1990. Ayant pris soin de définir la violence, de forger le mot délivrance, d’écrire ce que la CNV entend par Non-violence et action nonviolente, ce livret se termine par cette synthèse :

« L’appel évangélique à la Non-violence nous dynamise pour agir, en gérants responsables, au long des trois axes interdépendants que sont la Paix, la Justice et la Gérance de la Création. Ancrés dans la prière, éclairés par l’étude, hommes d’action, révisant notre style de vie, nous sommes appelés à vivre en Christ en marchant avec Dieu au cœur de la mission d’annoncer, par la foi et par les actes, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Conscients que la résolution des conflits passe par le Dialogue, nous impliquons notre foi dans les domaines fondamentaux que sont le Désarmement, le Développement, les Droits de l’homme et la Défense de l’environnement. Souffrant du scandale de nos divisions, nous recherchons de toutes nos forces, par les aveux mutuels de nos manques d’amour, par l’écoute réciproque respectueuse, par les actions en commun, à réaliser l’unité avec nos frères séparés et l’entente avec nos frères d’autres religions et écoles de pensées.

Hommes debout, faisant notre possible et laissant à Dieu l’impossible, nous agissons pour la délivrance de l’humanité et de la création.

Soucieux d’efficacité, nous apportons notre contribution par l’action non-violente pour libérer l’humanité captive qui souffre dans les douleurs de l’enfantement. Inspirés par l’Esprit Saint, nous réjouissant des heureuses prémices déjà levées, nous veillons activement le retour du Roi de Gloire, Christ bien- aimé, en qui nous avons la ferme espérance du shalôm, Lui qui est, était et sera notre Paix dans le repos du Père Créateur. »

Nous sommes confortés par la position des papes sur la Non-violence. Une méditation du pape Benoît XVI commente l’amour des ennemis (Lc 6, 27-35) :

« Cette page évangélique est considérée à juste titre comme la grande charte de la non-violence chrétienne, qui ne consiste pas à se résigner au mal – selon la fausse interprétation du tendre l’autre joue (Lc 6,29) – mais à répondre au mal par le bien (Rm 12,17-21), en brisant ainsi la chaîne de l’injustice. On comprend alors que la non-violence, pour les chrétiens, n’est pas un simple comportement tactique, mais bien une façon d’être de la personne, l’attitude de qui est si convaincu de l’amour de Dieu et de sa puissance qu’il n’a pas peur d’affronter le mal avec les seules armes de l’amour et de la vérité. […] L’amour de l’ennemi constitue le noyau de la « révolution chrétienne ».

Plus de quinze ans auparavant, le pape Jean-Paul II avait rendu grâce au Seigneur pour avoir donné la ténacité aux hommes qui, ayant misé sur le dialogue, la négociation, le témoignage de la vérité, ont aussi parié sur l’éveil des consciences de leurs concitoyens. Leur résistance et leurs méthodes d’action ont amené la chute du mur de Berlin et l’écroulement du marxisme :

« Un fait mérite d’être souligné : à peu près partout, on est arrivé à faire tomber un tel « bloc », un tel empire, par une lutte pacifique, qui a utilisé les seules armes de la vérité et de la justice. […] Apparemment, l’ordre européen issu de la deuxième guerre mondiale et consacré par les accords de Yalta ne pouvait être ébranlé que par une autre guerre. Et pourtant, il s’est trouvé dépassé par l’action non-violente […]. Nous prions pour qu’un tel exemple serve en d’autres lieux et en d’autres circonstances. Puissent les hommes apprendre à lutter sans violence pour la justice, en renonçant à la lutte des classes dans les controverses internes et à la guerre dans les controverses internationales. »

Ces deux textes se complètent admirablement : force de l’amour, force de la vérité et application concrète par des méthodes d’action efficaces dans les luttes pour plus de justice.
Dans son message du premier janvier 2017, « La non-violence : style d’une politique pour la paix », le pape François cite ses prédécesseurs et ajoute :

« 3. Jésus aussi a vécu en des temps de violence. Il a enseigné que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses » (Mc 7, 21). Mais le message du Christ, face à cette réalité, offre la réponse radicalement positive : il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne et il a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis (cf. Mt 5, 44) et à tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39). Lorsqu’il a empêché ceux qui accusaient la femme adultère de la lapider (cf. Jn 8, 1- 11) et lorsque, la nuit d’avant sa mort, il a dit à Pierre de remettre son épée au fourreau (cf. Mt 26, 52), Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié (cf. Ep 2, 14-16). C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi, à son tour, un instrument de réconciliation, selon l’exhortation de saint François d’Assise : « La paix que vos bouches annoncent, ayez-la plus encore en vos cœurs ».3 Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à sa proposition de nonviolence […] J’assure que l’ Église catholique accompagnera toute tentative de construction de la paix, y compris par la non-violence active et créative. »

Deux membres de la CNV ont eu l’honneur d’être invités, les 4 et 5 avril 2019 à Rome au Dicastère pour le service du Développement humain intégral, à participer au colloque de Pax Christi International sur la CNI (Catholic Nonviolence Initiative) : « Chemin de non-violence : vers une culture de paix ».

 

Extrait du document final :

Cette rencontre de deux jours à Rome a attiré notre attention sur deux importants « signes des temps » : la crise mondiale de la violence, avec les souffrances indicibles qu’elle provoque et, par la grâce de Dieu, la diffusion de la force de la Non-violence active. La violence, qui inclut le meurtre, n’est pas en accord avec la dignité humaine. Rejetant tant la légitimation que la logique et l’actualité des nouvelles formes de violence et de la guerre, nous avons besoin d’une nouvelle voie – d’un changement de paradigme qui nous ouvre à toutes les dimensions de la non-violence – pour nous faire entrer dans le futur.

La paix juste est le but, la Non-violence est le chemin. Une culture de paix durable ne peut s’instaurer que par la Non-violence qui respecte la dignité humaine de manière absolue. Enracinée dans l’interdépendance de la Création de Dieu, elle ouvre aussi la voie à une « écologie intégrale », telle que le Pape François la présente dans Laudato si’. La violence sape cette interdépendance tandis que la Non-violence la soutient. Elle nous apprend à dire « non » à un ordre social inhumain et « oui » à la plénitude de la vie. […] Dans un monde violent, la Non-violence nourrit l’espérance. S’engager activement dans la voie de la Non-violence peut renouveler l’Église et inviter le monde entier à découvrir la puissante espérance des solutions non-violentes créatives aux défis monumentaux de notre temps.

C’est pourquoi la CNV poursuit l’objectif qu’elle s’était donnée dès son origine : convaincre les membres de Pax Christi France jusqu’à ce que le mouvement se reconnaisse non-violent, comme le sont Pax Christi International, le MIR, le MAN, la Coordination pour l’éducation à la paix et à la non-violence, Non-violence XXI, etc. A cet effet, il propose au Conseil national d’adopter ce qu’il a élaboré, le Manifeste 2020 pour une culture de la paix et de la non-violence (il actualise le Manifeste 2000 rédigé par un groupe de Prix Nobel de la Paix qui traduisait les résolution des Nations Unies d’une Décennie de la non-violence et de la paix).

Ainsi, par les fruits de la réflexion et du dialogue, ayant réuni les membres de Pax Christi France dans la dynamique de l’Eglise d’aujourd’hui, nous pourrons tous ensemble agir pour la paix par la non-violence dans les défis du monde.

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