« C’est dans la parole de Dieu que le peuple ukrainien trouve sa force », entretien avec Mgr Hlib Lonchyna

Mgr Hlib Lonchyna

Administrateur apostolique de l’éparchie Saint Volodymyr
A l’occasion de Pâques, Pax Christi a renouvelé son soutien au peuple ukrainien ainsi que son appel à ce que l’offensive russe cesse. Découvrez notre entretien avec Mgr Hlib Lonchyna, administrateur apostolique de l’éparchie Saint Volodymyr le Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France.
Comment abordez-vous Pâques alors que votre peuple est soumis à l’épreuve de la guerre ?
Cette année, la fête de Pâques sera vraiment étrange . D’un côté, la guerre continue, les atrocités se perpétuent ; de l’autre, la résurrection du Christ est plus forte que la guerre, le péché, que la mort. Pour ces raisons, ce sera une occasion supplémentaire de mettre notre foi en première place dans notre vie. Une poétesse ukrainienne, Lesya Ukraïnka, a écrit : contra spem spero, « J’espère contre tout espoir ». Ce doit être l’attitude du chrétien; car notre espérance n’est pas en nos forces mais en la bonté et la miséricorde de Dieu.
Quel retour avez-vous de la manière dont les chrétiens en Ukraine s’organisent pour vivre Pâques ?
La population chrétienne cherchera à célébrer Pâques avec toutes les festivités : les services liturgiques, la bénédiction des paniers pascals, les œufs peints (pysanky), les traditions populaires. C’est un signe de la confiance en la victoire de Dieu sur le mal.  » Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?  » (Rm 8,31).  » Le Seigneur est pour moi, je ne crains pas ; que pourrait un homme contre moi ?  » (Ps 117,6). C’est dans la Parole de Dieu que le peuple trouve sa force.
Avez-vous l’espoir que les appels au cessez-le-feu du Pape et des Églises européennes soient entendus ?
Je voudrais de tout cœur que les appels au cessez-le-feu fussent déjà respectés, mais, à vrai dire, personnellement, je n’y crois guère. Si nos agresseurs ne respectent ni la vie humaine, ni les couloirs humanitaires, ni les commandements de Dieu, que peut-on attendre d’eux ?
Quel regard portez-vous sur l’attitude de l’Église catholique, française notamment, depuis le début de l’invasion russe, et quelles sont désormais vos attentes à son égard ?
Je suis très touché par la réaction des évêques, des prêtres, des religieuses et religieux ainsi que des fidèles face à la situation tragique de notre peuple en Ukraine; et par la grande solidarité envers les réfugiés qui sont arrivés en France. Il y a beaucoup de charité, de bonne volonté, de soutien et de chaleur humaine. Tout cela se manifeste dans l’intérêt des personnes qui se préoccupent du sort des gens, spécialement des enfants ; comme aussi dans l’immense aide humanitaire récoltée pour les nombreuses victimes de la guerre, dans les prières offertes pour la paix et la victoire du bien sur le mal. Le Seigneur récompense abondamment les personnes de bonne volonté pour leurs sacrifices et actes de charité. J’espère qu’ils continueront à nous soutenir avec la conviction que c’est pour le bien de l’humanité que l’Ukraine se défend, pour le futur de la liberté et de la démocratie dans le monde entier.
En cette période de guerre, comment transmettez-vous à vos fidèles l’énergie de croire ?
Nous cherchons à encourager les fidèles à persévérer dans la foi, dans les prières, à offrir leurs peines en union avec les souffrances de notre Seigneur, à continuer à faire du bien à nos frères et sœurs plus pauvres que nous et à croire en la bonté de Dieu. Il est plus fort que la haine.
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