Ukraine: prions pour la paix, pour la civilisation de la paix, avec le Pape François

À l’issue de la prière de l’Angélus dominical du 23 janvier, le Pape François, très inquiet de la montée des tensions entre la Fédération de Russie et l’Ukraine, a « proposé » que la journée d’aujourd’hui, 26 janvier, soit « une journée de prière pour la paix ».Cette proposition suit l’invitation pressante « à toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles prient le Dieu tout-puissant afin que toutes les actions et initiatives politiques servent la fraternité humaine plutôt que les intérêts partisans», car « ceux qui poursuivent leurs propres objectifs au détriment des autres méprisent leur propre vocation d’être humain, car nous avons tous été créés frères ».

Pax Christi accueille avec gratitude cette exhortation du pape et invite ses adhérents et amis à se joindre à toutes celles et ceux qui aujourd’hui prient pour la paix sur le continent européen. Pax Christi n’oublie pas qu’il est né, en 1944, en tant que « croisade de prières » pour que l’Allemagne encore en guerre se convertisse à la paix.

Il n’oublie pas non plus que prier pour la paix n’est pas une diversion mais un véritable devoir pour quiconque considère que la paix vient de Dieu et se nourrit de notre intimité avec lui.

Les enjeux des revendications russes à l’encontre de l’Ukraine et du reste du monde sont la neutralisation à jamais de ce pays voisin, au nom de la sécurité de la Russie. Or, la réponse à ce besoin de sécurité, que rien ne semble apaiser, n’est pas l’écrasement du voisin dont on fantasme la menace, mais le dialogue et la coopération internationale.

Autrefois dans l’histoire, des systèmes de sécurité multilatérale ont été mis en place. S’ils ont échoué, donnant lieu à des guerres funestes, c’est parce que des hommes les ont sciemment violés dans la poursuite d’une volonté de domination, pas parce que leur sécurité était réellement menacée.

La sécurité fondée sur la coexistence pacifique n’a jamais été tentée sérieusement, bien que les outils existent, en commençant par l’OSCE en Europe et l’ONU au niveau mondial. Ces outils sont imparfaits, nous en sommes conscients, mais s’ils n’ont pas donné satisfaction c’est parce que les Etats ne se font tout simplement pas confiance, et qu’ils accumulent des armes qui leur servent d’épouvantail, prêts qu’ils sont à s’en servir.

Ainsi, notre prière pour la paix d’aujourd’hui et de demain ne doit-elle pas seulement viser l’arrêt des tensions qui risquent de s’accumuler jusqu’à l’explosion. Elle doit demander aussi la maîtrise et l’arrêt du commerce des armes dites « conventionnelles » et l’abandon de l’arme nucléaire, car la seule possession de tels moyens de destruction est une tentation inconsciente de s’en servir.

Prions donc pour que tous les gouvernants, qui ont entre leurs mains la puissance destructrice de la guerre, choisissent le dialogue, la désescalade et la civilisation de la paix. Que cette espérance nous anime en cette journée, et au-delà, pour que la paix se construise et advienne, sur la terre comme au ciel.

Alfonso Zardi, délégué général Pax Christi

Crédit photo: flickr/VasenkaPhotography

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