L’appel de Pax Christi après le naufrage meurtrier dans la Manche

Les morts de la nuit du 24 novembre – au moins 27 personnes qui cherchaient à rejoindre les côtes anglaises sur un canot à la capacité fatalement insuffisante – sauront-ils secouer enfin les consciences et nous forcer à agir ?

Ces morts ne sont pas une fatalité : les migrants embarquent pour un « voyage de la dernière chance » désespéré au vu et au su de beaucoup. S’ils touchent le sol britannique, ils espèrent y être accueillis et recevoir même un permis de séjour (La Croix du 25 novembre 2021). En France, comme en Angleterre, les bénévoles et les associations prêts et engagés à aider, nourrir, loger, voire former ces migrants sont nombreux.

Alors pourquoi ne pas créer les conditions d’un accueil digne, ou d’un passage de frontière sécurisé, au nom de la fraternité, sans attendre que la Manche, après la Méditerranée, devienne un immense cimetière ?

Des plans s’échafaudent, des discussions s’engagent pour épargner ce sort funeste à celles et ceux qui n’ont pas encore embarqué sur ces rafiots dangereux. Pour combien de temps, jusqu’au nouveau naufrage ?

Pax Christi s’incline devant ces victimes innocentes que la cupidité des uns et l’indifférence des autres ont livré à leur sort funeste.

Pax Christi demande instamment aux décideurs, en France et dans les autres pays européens où des drames semblables se produisent et les mêmes élans se manifestent, d’écouter les voix qui parlent « partage » et non pas « rejet », « accueil » et non pas « refoulement », « fraternité » et non pas « identité ».

L’Europe peut accueillir cette humanité en déshérence : elle en a les moyens et les valeurs.

Pax Christi lance un appel aux consciences : agissons, nous qui avons un cœur, agissez, vous qui avez le pouvoir.

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